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Ingérence russe dans l'élection américaine : les instruments numériques de l'influence

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À retrouver dans l'émission

Comment les réseaux sociaux peuvent être utilisés à des fins de manipulation politique.

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. Crédits : Mikhail Voskresenskiy / RIA Novosti / Sputnik - AFP

Les hostilités et les échanges d'aimabilité se sont déroulés sur le champ de bataille lui-même : à savoir les réseaux sociaux. La tension est montée d'un cran cette semaine entre Twitter et la Russie. La diplomatie russe elle-même a qualifié de "geste agressif" la décision du réseau social d'interdire l'achat de publicité en ligne aux comptes détenus par les médias russes Sputnik et RT (ex Russia Today).
Twitter les accuse directement d'avoir tenté d'influencer l'élection américaine, en agissant pour le compte du Kremlin. Et se range ainsi à l'analyse que font depuis quelques mois les services de renseignement américains.
Pour ses contenus sponsorisés, Twitter estime avoir perçu près de 2 millions de dollars en six ans de la part de RT. Somme qu'elle dit désormais vouloir reverser à des chercheurs travaillant sur l'utilisation de son réseau social à des fins de manipulation politique.
Cette décision intervient quelques jours après l'annonce par Twitter d'une série de mesures plus générales pour améliorer la transparence des publicités politiques sur son réseau. Notamment mieux les signaliser et fournir davantage de données sur leurs commanditaires, et sur les personnes touchées. En effet, le ciblage permet à des clients de payer pour montrer certaines publicités à une partie des utilisateurs d'un service - selon leur profil, leur localisation, leur historique de recherche ou bien d'autres critères.

De son côté, Facebook avait reconnu dès septembre avoir identifié plusieurs milliers de publicités payées par une agence proche du Kremlin. En pratique, cela passait par des centaines de faux comptes, activés depuis la Russie, et utilisés pour acheter et publier des publicités contenant de fausses informations. 25 millions de personnes auraient ainsi été touchées par ces comptes, depuis fermés.

Comme souvent, ces mesures interviennent alors que les entreprises sont un peu acculées. Et leurs réactions prennent des allures de contre-feux.

Mercredi prochain les deux réseaux sociaux seront avec Google devant le Congrès américain. Ils doivent être auditionnés par la commission qui enquête depuis des mois sur la manière dont la Russie à influencé la campagne électorale américaine remportée par Donald Trump.

En parallèle, trois sénateurs ont déposé au Congrès américain le "Honest Ads Act", un projet de loi destiné obliger les entreprises numériques à se plier aux mêmes contraintes que les radios et télévisions, ce qu'elles ont refusé jusque-là. Et notamment de rendre publiques certaines informations sur les acheteurs, comme sur l'audience touchée. Ce qui, soit dit en passant, ne répond pas à d'autres pratiques comme le recours à des robots publiant automatiquement des contenus, ou les trolls qui répandent de fausses informations.

Au même moment, au Royaume-Uni une commission parlementaire s'interroge sur l'impact de Facebook cette fois sur le Brexit et les législatives de 2017. Elle vient d’adresser une série de questions au patron, de Facebook, Mark Zuckerberg.

Ce qui est en jeu, c'est autant l'évolution des manières dont l'argent peut influencer les échéances politiques, que la nature des instruments du soft power, désormais largement numériques. Des questions devenues incontournables pour les Etats.

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