LE DIRECT
.

PS : ce que les candidats proposent sur le numérique

4 min
À retrouver dans l'émission

C'est avant tout autour des aspects économiques que s'articulent les propositions de Benoît Hamon et Manuel Valls autour du numérique.

.
. Crédits : Joël Saget - AFP

Lors du dernier débat entre Manuel Valls et Benoît Hamon, les observateurs des questions numériques se sont soudainement agités sur les réseaux sociaux. Une annonce fracassante d'un candidat en la matière? Non, une intervention inattendue sur twitter, celle d'Edward Snowden, lequel a partagé des tweets de journalistes sur le débat. Révélant ainsi qu'il parle français- il a habité Genève - et qu'il suivait le débat de la primaire, qui l'aurait cru. "Snowden est hamoniste" se sont amusés certains sur Twitter au vu de ses retweets. Mais il s'est gardé de répondre à ceux qui l'interrogeaient sur la proposition de Benoît Hamon de lui accorder l'asile - et plus globalement de renforcer leur protection des lanceurs d'alerte. Manuel Valls s'était lui dit défavorable à l'accueil du demandeur d'asile au nom des relations avec les Etats-Unis.
Plus globalement, quelles sont les propositions des deux candidats socialistes sur le numérique?

Les GAFA

Outre un certain flou dans les propositions à ce stade, les deux candidats ont en commun de mettre l'accent sur les aspects économiques du numérique.
En premier lieu, les géants américains du net, les GAFA ( Google Amazon Facebook et Google) et leurs pratiques d'optimisation fiscale. Ils s’accordent le principe de réguler leur activité, et au niveau européen. Après,la méthode diverge. Manuel Valls propose "une mesure spécifique pour taxer l’activité des multinationales du numérique, là où leur chiffre d’affaires est réalisé". Sans être beaucoup plus précis. Benoît Hamon propose "la création d’un nouvel impôt européen sur les GAFA et les multinationales", lequel viendrait "_augmenter le budget de l’UE"
.Rappelons que le Conseil Constitutionnel a récemment retoqué deux outils de lutte contre l'évasion fiscale. D'abord l'idée d'un reporting pays par pays. C'est à dire un rapport annuel obligeant les multinationales à indiquer chiffre d’affaires net, montant de l’impôt sur les bénéfices acquitté, etc. Inscrit dans le loi Sapin 2 cette mesure a été retoquée au motif que cela portait une « atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre ». Benoit Hamon dit néanmoins vouloir instaurer "ce reporting public pays par pays" . Et promet d’adapter " notre fiscalité et nos règles constitutionnelles pour que les GAFA n’y échappent plus". De fait la aussi été retoquée ce qu'on a appelé "la taxe Google", un amendement déposé par le député PS Yann Galut, destiné à imposer les "bénéfices détournés" des multinationales .

La transformation du travail

Autre sujet, devenu central au cours de la campagne, la question du travail.
Là encore, si les deux candidats actent la transformation induite par le numérique, ils en tirent des conclusions différentes. C'est l'un des axes forts de dissension dont la question du revenu universel est un symptôme.
Manuel Valls, opposé à cette disposition et à ce qu'il décrit comme une “société de l'assistanat ou du farniente" ... met lui l'accent sur la transition numérique des petites et moyennes entreprises. Il souhaite que "chaque TPE-PME puisse bénéficier à la fois d’un accompagnement conseil et d’un appui financier pour opérer sa propre modernisation numérique". Un travail déjà lancé avec le Conseil national du numérique.

Benoît Hamon, lui, fait de la transformation du travail un axe philosophique pour justifier son idée de revenu universel. Au nom de la raréfaction du travail que provoquerait l'automatisation. Et aussi une brique de son financement, à travers l'idée d'une " _taxe sur la richesse créée par les robot_s". Cette piste est inspirée du rapport au Parlement européen de Mady Delvaux, eurodéputée socialiste luxembourgeoise Elle vient de rendre au Parlement européen un rapport sur les règles juridiques concernant la robotique.

Participation citoyenne

Manuel Valls propose de généraliser les consultations citoyennes sur les projet de lois. Sur le modèle de ce qui a été organisé pour l'avant-projet de loi Numérique. Et avance que "ainsi discutée, la loi gagnera en sens, des compromis pourront être bâtis plus facilement, et le recours à l’article 49.3 de la Constitution ne se justifiera plus, hormis dans le cas des textes budgétaires."
Notons que depuis plusieurs mois les députés LR Patricl Martin-Lalande et PS Luc Belot défendent une proposition de loi pour que citoyens soient systématiquement consultés avant l'examen de texte. N'ont jamais obtenu de place pour qu'il soit discuté à l'Assemblée nationale. Généralisée ou pas, Benoit Hamon ne se prononce pas, mais souhaite plus de consultation en ligne. Ainsi que la possibilité pour les citoyens de soumettre une proposition de loi au Parlement si le texte est soutenu par 1 % du corps électoral.

Enfin saupoudrées ici et là, quelques pistes émergent sur la culture - à travers la question du droit d'auteur mais pratiquement rien sur les sujets comme l'éducation, l'agriculture, la santé... Force est de constater que sur tous ces points, les deux candidats sont assez flous.

Chroniques

8H18
27 min

L'Invité(e) actu

Bruno Tertrais : les décideurs pensent-ils suffisamment demain pour agir aujourd’hui ?
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......