LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
.

Qu'est-ce que Uber sait de nous ?

3 min
À retrouver dans l'émission

L'application de VTC conserve désormais plus de données de géolocalisation. Uber a de plus en plus d'informations sur ses utilisateurs. Mais pour ces derniers, il reste difficile d'avoir accès à ses propres données.

.
. Crédits : Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Imaginons. Vous prenez un véhicule Uber pour aller à un rendez-vous. Vous sortez de la voiture. Vous allez prendre un café, vous revenez sur vos pas pour faire une course, vous vous arrêtez devant le cinéma, pour regarder les affiches. Et bien tout ça désormais Uber le sait. Il y a quelques jours, le service de VTC a sorti une nouvelle version de son application. Elle permet de collecter les données de géolocalisation des personnes pendant leur trajet, mais aussi cinq minutes après la fin de leur course, même quand l'application est en arrière plan. Avant elle ne le faisait que lorsque l'application était ouverte. Explications de Uber : il s'agit d'améliorer le service, notamment sur l'endroit où la voiture vient vous chercher et vous déposer.
C'est là l'ambiguïté de ces services : partager ses données nous facilite la vie à plein d'égards. Mais cela rappelle qu'il est bon de s'intéresser de près à tout ce que collecte ce type d'applications.

Qu'est-ce que Uber sait de nous? Et bien c'est gigantesque. Il y a bien sûr votre identité, vos coordonnées de paiement, votre adresse IP, l'historique de vos trajets. De fait, si on veut en déduire les habitudes de vie d'un utilisateur régulier du service, c'est assez facile. L'application conserve aussi l'altitude de votre téléphone, son orientation (est-ce qu'il est en position verticale ou horizontale), la vitesse. Et concrètement, ces données racontent si vous avez marché ou descendu un escalier avant de monter en voiture . Egalement observé, le statut de la batterie (est-elle en charge, en mode économie...) et son niveau. Uber modifie les prix de ses courses en fonctions de la demande. Et a constaté qu'un passager à qui il ne reste que 4% de batterie est plus enclin à accepter une course plus chères. Même si dans la presse américaine, les équipes d'Uber s'en son défendu, disant qu'il s'agissait juste d'une "intéressant observation du comportement humain".

Enfin, l'application calcule durant une course à quel moment on passe à quel endroit - c'est aussi une manière d'évaluer la conduite des chauffeurs. Alors bien sûr, cela invite à quelques règles, comme penser à fermer l'application après utilisation, désactiver la géolocalisation si on le souhaite, ou varier les services de VTC que l'on utilise (pour de pas donner toutes ses informations à une seule.

Comment savoir quelles traces on a laissé ?

Surtout, et c'est peut-être là le point le plus problématique : accéder à ses propres données reste le parcours du combattant. Il y a quelques jours Mounir Mahjoubi le président du Conseil national du numérique expliquait qu'il avait saisi la Cnil parce qu'il n'arrivait pas à obtenir d'Uber ses données collectées. C'est-à-dire toutes ces données qui ne figurent pas sur la plateforme de l'appli. Il a fini par recevoir un immense fichier Excel. Cela lui aura pris plusieurs mois, des dizaines de courrier avec le service juridique d'Uber. Et encore, on imagine bien que l'entreprise a fait un peu plus d'efforts pour répondre au président du CNNum. C'est pas encore tout à fait la transparence complète.

L'accès à nos données personnelles, c'est un peu l'"open data de soi-même", résume Mounir Mahjoubi. Mais cela reste difficile. C'est d'ailleurs ce que montre "Donnez moi mes données", une enquête ouverte que mènent depuis début 2015 des journalistes de la RTS, la radio publique suisse . Car ce qui est vrai d'Uber l'est de tout un tas d'autres services.

Savoir ce qu'on savait de lui : c'est ce qu'a voulu faire un Belge qui s'appelle Paul- Olivier Dehaye. Ce mathématicien a demandé ses données à des services de publicité en ligne, Facebook, Google, Apple, Uber etc. Il explique qu'il voulait d'abord exercer son droit d'accès. Lais surtout, que c'est une manière d' _"assurer un regard démocratique sur la collecte de données, de prévenir les abus et aussi de calmer les peurs liées à la collect_e" . Il a d'ailleurs quitté son poste à l'Université de Zurich pour créer avec Jérôme Groetenbriel PersonalData.IO, une plateforme pour aider tous ceux qui veulent récupérer leurs propres données.

Chroniques
8H18
32 min
L'Invité(e) actu
Qu'est-ce que la gauche aujourd'hui ?
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......