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"Lu et approuvé" : les recommandations du libraire Sauramps à Montpellier en 2011 ; aujourd'hui la librairie est en redressement judiciaire : désaffection du centre-ville?

19ème fête des librairies indépendantes : sauvetage ou sursis?

12 min
À retrouver dans l'émission

Environ 500 librairies en France, Belgique et Suisse participent samedi à la dix-neuvième fête des librairies indépendantes. Après une crise durable, les 2500 établissements français ont bénéficié en 2014 d'un plan de soutien important. Aujourd'hui, le paysage est toujours en recomposition.

"Lu et approuvé" : les recommandations du libraire Sauramps à Montpellier en 2011 ; aujourd'hui la librairie est en redressement judiciaire : désaffection du centre-ville?
"Lu et approuvé" : les recommandations du libraire Sauramps à Montpellier en 2011 ; aujourd'hui la librairie est en redressement judiciaire : désaffection du centre-ville? Crédits : Tripelon-Jarry - AFP

Particularité cette année : la fête des Librairies indépendantes s’est alliée au Disquaire Day : c’est aussi la journée mondiale du droit d’auteur et les problématiques sont communes, notamment face aux acteurs numériques, expliquent les organisateurs : « La cohérence de cette journée n’est pas de tenter de rivaliser avec toutes les mutations dans la diffusion du livre et dans les habitudes de lecture mais d’encourager ce qu’il y a d’unique dans chaque librairie. » dit Marie Rose Guarnieri qui tient la Librairie des Abesses.

Chaque année ces points de vente physique tentent de faire valoir leurs qualités de choix, conseil, de lieu de rencontre. « Travail considérable de fourmi » comme l’appelle Lysiane Ganousse dans L'Est Républicain au sujet d’une librairie à Nancy. « Minutieux travail de colibri » écrivait Joséphine Lebard en janvier dans un reportage fouillé en banlieue parisienne dans Causette.

La presse régionale ne manque pas de se faire l’écho de cette vivacité : ateliers et rencontres dans les 77 librairies de Franche Comté (Actuallité) ; ou l'Union la semaine dernière qui évoque « le boom des séances de dédicaces » à Soissons, ville de 30 000 habitants avec trois librairies, plus que la moyenne. Les libraires parisiens ou non sont d’ailleurs présents comme prescripteurs réguliers sur France Info ou France Culture ; certains magasins sont désormais emblématique : La Griffe Noire à Saint-Maur ou le Hall du livre à Nancy.

Les 2500 librairies indépendantes vivent des temps plutôt apaisés depuis un plan de soutien en 2014. Paris est un cas particulier mais « en province, les grands paquebots se portent plutôt bien » écrivait en 2015 Nathalie Silbert dans Les Echos (« Ces libraires qui réussissent »), citant notamment Mollat à Bordeaux. Certaines plus petites aussi : En mars, Actualitté commentait une enquête sur les librairies de la région Centre Val de Loire : « un chiffre d’affaires moyen de 780 000 € pour une médiane de 357 000 €, résultats tout à fait encourageants au regard des moyennes nationales. »

Autre preuve de cette vitalité, on investit signale Monique Clemens dans Les Echos « la plus grosse création de librairie indépendante depuis longtemps en France » avec l'Intranquille Plazza à Besançon, projet de 3,7 MEE, « un des plus gros projets de ces 5 ou 10 dernières années » confirmait Vincent MONADE le Pdt du CNL...

Est-ce un effet trompe-l'oeil ? S'intéresse-t-on aux lieux pertinents ? « Libraire dans le 93, un vrai défi ? » demande Alain Nicolas dans L'humanité en octobre 2016, après la fermeture de 2 librairies en Saine St-Denis : « Si en 2015 l'Observatoire de la libraire a noté une hausse de 2,7 % du chiffre d'affaire des librairies indépendantes [ 1 point par rapport au marché global des librairies], le secteur demeure néanmoins fragile. Et la bataille est encore plus âpre quand on s'installe dans un quartier populaire » ajoute Joséphine Lebard dans son reportage sur « la petite librairie de quartier », publié dans Causette. Les raisons : la faiblesse des revenus des habitants et des inégalités criantes de panier moyen : de 1 à 10 entre Aubervilliers et « une rue cossue du 18ème » ; difficile pour les marges de concurrencer les centre villes...

Difficile aussi pour certains centre ville ; c'est le cas de la librairie Sauramps à Montpellier au détour d'un article de Guillaume Mollaret en février dans Le Figaro : « une des plus grandes librairies indépendantes françaises connaît des difficultés financières et cherche un repreneur », là encore la géographie urbaine et économique compte : le nombre du visiteurs du centre commercial est passé de 15 à 12 millions par an et « la rénovation du centre ville a 10 ans de retard ». Actuellement, Sauramps est en redressement judiciaire mais « non Sauramps n'est pas mort » affirme Nicolas Gary dans Actualitté lundi dernier le 17 avril. La boutique y croit encore : « Nous avons encore un très grand nombre de livres – certainement près du double des références de la Fnac Montpellier », dit un de ses libraires.

On a passé la période des crises qui ont vu disparaître les grosses enseignes comme Virgin et Chapitre. Les plus grosses comme FNAC, Cultura et Leclerc sont restés, mais les plus petits des gros ont du mal à survivre aussi dans un marché rythmé par les grands prix littéraires, « bataille de gondoles » dont parle Marianne Payot dans l'Express enaoût 2016. Dans ce contexte, les 2500 librairies indépendantes ne sont-elles que temporairement sauvées ?

X. M.

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