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Le délégué général du Ffestival de Cannes, Thierry Frémeaux, et le président du festival, Pierre Lescure, lors de la conférence de presse du 13 avril.

70ème édition du Festival de Cannes : un enthousiasme feutré

15 min
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49 films, 18 en compétition officielle, dont 4 français et 4 américains : la sélection du Festival de Cannes jeudi dernier n'a pas suscité d'intérêt particulier. Entre une présentation à la recherche d'un ancrage actuel et une sélection timide, quelle place reste-t-il aux films intempestifs ?

Le délégué général du Ffestival de Cannes, Thierry Frémeaux, et le président du festival, Pierre Lescure, lors de la conférence de presse du 13 avril.
Le délégué général du Ffestival de Cannes, Thierry Frémeaux, et le président du festival, Pierre Lescure, lors de la conférence de presse du 13 avril. Crédits : Lionel Bonaventure - AFP

Des surprises ou pas de surprise pour cet anniversaire ? C'est une des questions qui traverse un certain nombre de commentaires à l'issue de l'annonce de la sélection du Festival jeudi dernier : 49 films, dont 18 en compétition officielle - mais pas définitive puisque la liste devrait s'étoffer d'ici le 25 avril.

Ce choix aurait plus être plus affirmé pour un festival dont c'est la 70ème édition. Or, côté festivités, curieusement peu de manifestations au sein du Festival . Ce sont la ville de Cannes et les partenaires qui se chargent de rendre la plus grande part de l'hommage…

Curieuse discrétion – surtout après les 65 ans – pour ce festival d'exigence artistique et d'engagement politique – parfois plate-forme – qui s'est peu à peu ouvert au grand public et a renoué avec Hollywood : une discrétion qui renvoie à l’enthousiasme plutôt feutré à l’annonce de la sélection : 4 films français, 4 américains, le reste de la séelction est géographiquement assez panaché... On compte aussi 3 réalisatrices comme l'année dernière, et 9 premiers films, en augmentation. Seul Pierre Vavasseur dans Le Parisien trouve encore des surprises dans la sur-présence de Nicole Kidman, l'absence de Roman Polanski (officiellement, il termine un film), et le beau rôle donné à la France « reine du bal » avec deux films en ouverture des principales sélections.

Rien de polémique a priori non plus : l'absence d'Abdellatif Kechiche semble plus le fruit d'un contentieux avec son producteur, pas d'autre réclamation jusqu'ici. Peut-être les discussions les plus âpres toureront-elles cette année autour de problèmes plus industriels qu'esthétiques, quant à la présence désormais institutionnalisée de Netflix et Amazon – et la bataille autour de la 'chronologie des médias'.

Sans doute Okja du coréen Bong JOON-HO et The Meyerowitz Stories, 2 films produits par Netflix en compétition officielle seront-ils aussi très remarqués. Quant à 120 battements par minute de Romain Campillo, le film sera un événement, ne serait-ce que parce qu'un film sur le SIDA en France est rare.

Mais dans l'ensemble, les commentateurs restent un peu sur leur faim. « Labo ou de beaux restes ? » demandent Julien Gester et Didier Perron dans Libération, dans un article plein d'ironie quant au rituel solennel et policé de la présentation par Pierre Lescure et Thierry Frémeaux. Même ironie, peut-être plus nostalgique, chez Etienne Sorin quand il évoque dans Le Figaro Pierre Lescure qui s'inquiète de ce que les tensions syriennes ou coréennes puissent venir « ombrer » le Festival : « le champagne radioactif est réputé imbuvable ». Formule cinglante, qui vient poser une grave question en cette période ultra-politisée - et de compétition entre festivals : le Festival de Cannes sera-t-il à la hauteur de son histoire ? Pourtant il s'est agit d'une sélection « plus tendue, plus intense » a déclaré Pierre Lescure.

Là encore bonne pâte, seul Pierre Vavasseur parie dessus : « Un festival très politique » note-t-il en fin d'article, soulignant l'aspect d'éponge à problèmes mondiaux des thématiques de la sélection : « réfugiés, guerre civile au Sri Lanka, prisonniers en Thaïlande, exploration de la Russie profonde, exploitation des animaux, années Sida... [… on n'aura] jamais autant plongé en apnée dans les désordres du monde ».

Cette édition sera-t-elle particulièrement politique et pour quel résultat artistique ? La conjecture est hasardeuse, et la dialectique interminable : en 2016 l'attribution de la Palme d'Or à Moi, Daniel Blake de Ken Loach avait pu surprendre la critique plus par son conformisme que par son audace.

« Qu’est-ce qu’un film qui a sa place à Cannes ? – C’est un film d’auteur, c’est-à-dire qui repose sur un acte de cinéma. Et – mais ça on ne le sait qu’après coup – un film qui a du succès à Cannes auprès de la presse, des professionnels et des festivaliers. » déclarait Thierry Frémeaux au Parisien en janvier dernier : on pense à ce qu'écrivait Thierry Gandillot dans Les Echos du livre de ce délégué-général-diplomate, Sélection officielle : « instructif et consensuel ». Est-ce ce que l'on peut attendre d’un festival international comme Cannes ; et faut-il y voir une certaine lassitude ?

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