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Un choeur amateur chante la neuvième de Beethoven le 29 décembre 2016.

Beethoven a la cote

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Selon un classement publié récemment Beethoven est le compositeur le plus joué dans le monde, dépassant Mozart pour la première fois en 2016.

Un choeur amateur chante la neuvième de Beethoven le 29 décembre 2016.
Un choeur amateur chante la neuvième de Beethoven le 29 décembre 2016. Crédits : KAZUHIRO NOGI / AFP - AFP

Tous les ans, le site Bachtrack publie toutes sortes de statistiques concernant la musique classique, et établit notamment le classement des répertoires et des compositeurs les plus joués dans le monde. Tous les ans, Mozart arrive à la première place, mais cette année, coup de théâtre, le maître est détrôné par l’élève, et c’est Beethoven qui prend la tête du classement. Parmi les dix oeuvres les plus jouées au monde, pas moins de six sont de Beethoven, dans l’ordre la Symphonie n°5, suivie de la n°7, puis la troisième, la sixième, le Concerto pour violon et enfin, le Concerto pour piano N°5. Qu’est-ce qui a changé pour que Beethoven prenne ainsi la tête du classement? C’est très simple, pour la première fois, le site Bachtrack a pris en compte l’Asie dans ses chiffrages. Or en Asie et en particulier au Japon on joue et on écoute énormément de musique romantique, et les symphonies de Beethoven en particulier sont extrêmement populaires, ce sont quasiment des objets de dévotion de la part du public. Pas simple de trouver une explication à cet engouement, j’en lisais une sur le site de la Philharmonie, selon lequel le responsable serait le chef allemand Joseph Rosenthock. Contraint à l’exil à Tokyo en 1933 par l’arrivée au pouvoir d’Hitler, il a dirigé pendant une dizaine d’années l’Orchestre de la radio japonaise. Tous les hivers il jouait la neuvième à l’approche de la Saint Sylvestre, et cette habitude serait restée, chaque mois de décembre désormais est saturé de Beethoven qui résonne à tous les coins de rue, dans les moindres petites salles de concert du pays. Dans Le Figaro daté du 12 mars dernier, le professeur de sociologie Stéphane Dorin avance une autre explication, et parle lui d’une tradition culturelle toute asiatique qui associe profondément la musique au sentimentalisme, quand les européens et notamment les anglo-saxons auraient un rapport plus cérébral au répertoire classique. Quoiqu’il en soit une des conséquences en est le très net recul des répertoires baroques et contemporains dans le classement, Haendel, notamment fort prisé des Anglais et qui figurait de mémoire de classement en 2e ou 3e position, se voit ainsi relégué en quatrième place. Pour revenir à Beethoven, j’ai bien l'impression qu’au delà de l’engouement asiatique, il y a bel et bien une vraie passion mondiale pour le grand Ludwig, à Paris il y a quelques mois l’exposition dont on avait parlé à la Philharmonie témoignait d’une forme de fétichisme dont le compositeur est l’objet, on ne compte plus le nombre d’intégrales qui sont représentées, Philippe Jordan, Simon Rattle, Philippe Herreweghe pas plus tard que la semaine dernière au théâtre des Champs Elysées. Comment interprétez-vous cet engouement?

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