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cafouillage dans la remise de l'Oscar 2017 du meilleur film

César et Oscars 2017: des cérémonies politiques ?

26 min
À retrouver dans l'émission

Les deux grand-messes du cinéma se sont déroulées dans des climats politiques particuliers : en ont-elles été le reflet ?

cafouillage dans la remise de l'Oscar 2017 du meilleur film
cafouillage dans la remise de l'Oscar 2017 du meilleur film Crédits : KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP - AFP

C’était donc ce week-end, deux grand-messes du cinéma, les Césars d’abord à Paris vendredi soir, et puis les Oscars à Hollywood dans la nuit de samedi à dimanche, des cérémonies longues, très longues comme d’habitude, des palmarès peu surprenants, en France Elle de Paul Verhoeven a obtenu le César du meilleur film, Xavier Dolan celui du meilleur réalisateur pour Juste la fin du monde, meilleur acteur pour Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel. Aux Etats-Unis, finalement la comédie musicale La La Land de Damien Chazelle n’a pas remporté tant de prix que ça aux vues des quatorze nominations dont elle faisait l’objet, lui a échappé notamment celui du meilleur film revenu finalement à Moonlight de Barry Jenkins autre grand favori de la compétition américaine. Je vous laisserai peut-être le soin de commenter la qualité disons purement cinématographique des lauréats, mais en attendant, quelques éléments sur la manière dont se sont déroulées les deux cérémonies. Chose remarquable peut-être et commune aux deux événements le contexte politique tendu, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, l’élection présidentielle à venir en France. Houda Benyamina la réalisatrice de Divines, qui remporte le prix du meilleur premier film, meilleur espoir féminin, et meilleur second rôle féminin n’a pas réitéré sa performance cannoise, avec un discours très sobre, mais on a eu quand même eu le droit à plusieurs interventions de circonstances: le discours très commenté de François Ruffin, qui a gagné le prix du meilleur documentaire pour Merci Patron et qui a pris le micro vêtu d’un T-Shirt à l’effigie de Vincent Bolloré, pour parler des délocalisations et du sort de la classe ouvrière française; Alice Diop César du meilleur court-métrage ex-aequo avec Maïmouna Doucouré qui demande en prenant la parole si “c’est fait exprès qu’on soit les deux blacks sélectionnées”, et qui dédie son prix aux garçons dont on entend plus les voix, notamment Théo Luhaka et Adama Traoré; un avertissement de Ken Loach qui remporte, après la Palme d’or, le César du meilleur film étranger pour Moi, Daniel Blake, et puis la leçon anti-Trump de Georges Clooney qui recevait un César d’honneur. De Trump il a été beaucoup question à Hollywood dimanche soir, et ce dès les premières minutes de la cérémonie, quand le présentateur Jimmy Kimmel déclare “comme vous le savez le pays est fort divisé aujourd’hui”; les allusions au nouveau président ont été permanentes, tantôt ouvertes et drôles, tantôt tragiques, mais c’est sans doute dans le palmarès lui-même qu’on trouve le plus de sens politique. Il y a eu d’abord l’absence éclatante d'Asghar Farhadi, réalisateur iranien qui a reçu - on a envie de dire évidemment - l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Client, il y a eu la présence très visible de Noirs parmi les oscarisés, notamment Viola Davis Oscar de la meilleur actrice dans un second rôle pour Fences, et puis Mahershala Ali, pour Moonlight, symboliquement le premier à monter sur scène pour recevoir un César, et le premier acteur musulman à recevoir sa statuette aux Etats-Unis. Lourde de sens, donc cette cérémonie, jusqu’au fameux cafouillage final: Warren Beatty et Faye Dunaway sont sur scène pour dévoiler le nom du meilleur film, ils annoncent dans un premier temps La La Land, l’équipe de Damien Chazelle se retrouve sur scène et entame la ronde des discours, avant que le producteur du film n’annonce qu’il y a une erreur et que le César va finalement à Moonlight. Très symboliquement, l’équipe, en grande partie noire du film de Barry Jenkins se retrouve alors sur scène, en lieu et place d’une équipe blanche. Faut-il y voir le symbole d’une victoire, ou encore une fois d’un escamotage…

Intervenants
  • Critique de cinéma
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
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