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A reporter views works by French Impressionist Gustave Caillebotte, including "Sailboat on the River Seine" on March 26, 2009 at the Brooklyn Museum in New York, part of the "Impressionist Paintings from Paris to the Sea," being shown from March 27-J

A chacun son époque artistique

15 min
À retrouver dans l'émission

Des découvertes et des redécouvertes permanentes dans les musées...Le Nain, Derain, Van Dyck en sont des exemples ces dernières années. Pourquoi ces fluctuations historiques et artistiques?

A reporter views works by French Impressionist Gustave Caillebotte, including "Sailboat on the River Seine" on March 26, 2009 at the Brooklyn Museum in New York, part of the "Impressionist Paintings from Paris to the Sea," being shown from March 27-J
A reporter views works by French Impressionist Gustave Caillebotte, including "Sailboat on the River Seine" on March 26, 2009 at the Brooklyn Museum in New York, part of the "Impressionist Paintings from Paris to the Sea," being shown from March 27-J Crédits : AFP

Des réputations qui vont et viennent...

Cette année le peintre André Derain sera exposé deux fois, en ce moment au Musée d’Art Moderne et en octobre au Centre Pompidou, alors que les deux seules rétrospectives remontent à 1995 (déjà au MAM) et à sa mort en 1954. Jusqu’ici, on le laissait négligemment parmi les fauvistes, aujourd’hui c’est un inspirateur. Du côté des impressionnistes, le cas de Pissaro est similaire :exposé deux fois cette année au Musée du Luxembourg et au musée Marmottan. Remarquons d’ailleurs qu’au Musée Marmottan, c’est« 1er des impressionnistes » qu’on réexpose désormais (qui reprend la formule de Cézanne), Pissaro n'avait pas été montré depuis la rétrospective du grand palais en 1981. De même, les journaux ont beaucoup parlé de la « redécouverte » de Gustave Caillebotte l'année dernière au cours de la grande série Normandie impressionniste, cas d'école ou trop particulier, on en reparlera car l'histoire remonte à loin : l'ArtMedia Agency situe « la date charnière » au 8 mai 2000, moment où une de ses œuvres atteint 13 M de $.

Il faut inscrire – Pissaro plus que Derain – dans cette vague d’expositions favorable à l’impressionnisme et ses retombées, passée au crible dans l’article « Les années lumières » par Olivier Cena dans Télérama l'année dernière au début de la saison Normandie Impressionniste, un Festival qui incarne ce succès avec 3 éditions depuis 2010. Une « vague » qui a connu un point d’inflexion en 2013 souligne Judith Benhamou-Huet dans Les Echos notamment avec l’arrivée de Patrick de Carolis au Musée Marmottan Monet. Son 1er geste est une exposition « les impressionnistes en privé : 100 chefs d'oeuvres des collections particulières » : expo assez incongrue, 115 œuvres, tableaux et sculptures, « impressionnistes et assimilés » selon J.Benhamou-Huet, assimilation allant jusqu'à une sculpture de Degas. « Les peintures sont à touche touche mais sans aucune explication ou théorie. Juste pour le plaisir de l'oeil... » étrange projet, un peu fourre-tout mais de nature à lancer une mode, ou du moins tester un goût ? Voilà pour l'impressionnisme...

L’exploration de cette veine historique des débuts de l’art moderne explique peut-être le retour d’Odilon Redon – symboliste nabi aujourd’hui plutôt reconnu et souvent exposé (il est au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux) et redécouvert lors d'une grande exposition au Grand Palais en 2011, c’était la « 1ère rétrospective depuis 50 ans » notait Le Point, redécouverte affichée aussi en 2013 au Musée Bonnard... Relevons que son surnom sonne mieux que « 1er impressionniste » ou « 1er moderne », car on nomme Odilon Redon :le « Prince du rêve »...

Autre cas de résurrection (évoqué sur France Culture par Charles Dantzig en 2011) le peintre florentin du XVIème siècle, Agnolo Bronzino, peintre de cour dédaigné comme faiseur et réintégré dans la grande peinture florentine à la faveur de la redécouverte d'un tableau au Musée des Beaux-Arts de Nice en 2005. S’ensuit un accrochage spécial en octobre 2011, un colloque à Paris. L'année précédente, le Palazzo Strozzi de Florence venait, avec 70 tableaux de toute l'Europe, de réaliser la 1ère rétrospective consacrée au « Peintre et poète à la cour des Médicis » ! Dans ce cas c'est l'oeil d'un conservateur spécialiste de l'oeuvre qui est à l'origine de cette renaissance, plutôt que la tête d'un directeur de musée. Une « résurrection » est souvent une affaire internationale et met parfois en jeu toute une filière culturelle. Le cas Van Dyck est intéressant : lui aussi un peu oublié de la peinture flamande, lui aussi portraitiste: or depuis une 1ère exposition « Van Dyck » portraitiste au Musée Jacquemart André, deux musées ont tenté de le faire sortir de l'ombre de Rubens avec plus ou moins de succès… Le musée du Prado en 2012 et la Pinacothèque de Paris en 2015, avec beaucoup moins de succès, même d'estime. En 2014 la National Gallery achetait l'autoportrait de Van Dyck pour plus de £ 8 M, un an après une émission de la BBC sur la redécouverte d'un autre Van Dyck mésestimé dans un musée de province anglais.

Restent d’autres redécouvertes inexpliquées ces dernières années ou ces derniers mois Fantin Latour au Musée du Luxembourg, Georges Braque au Grand Palais, d’autres plus claires dans leurs intentions, comme l’exposition Le Nain sous forme d’enquête au Louvre-Lens... Par contraste, on peut noter certains oubliés : Cézanne rien depuis 1995, Delacroix ? Rien pendant longtemps, jusqu’à l’année prochaine 2018. Qu’est-ce qui fait une « résurrection » ? Comment et pourquoi « redécouvre »-t-on ?

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