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42nd Street au théâtre du Châtelet à Paris - novembre 2016

Comédies musicales à la française

11 min
À retrouver dans l'émission

Comment évolue le marché du musical français?

42nd Street au théâtre du Châtelet à Paris - novembre 2016
42nd Street au théâtre du Châtelet à Paris - novembre 2016 Crédits : FRANCOIS GUILLOT / AFP - AFP

Je vais beaucoup au théâtre dans ma vie, mais 42nd Street était la première comédie musicale que je voyais. J’ai vu des music-hall à la télévision, j’ai chanté comme tout le monde Notre Dame de Paris dans les années 90, mais je n’ai jamais mis les pieds au théâtre Mogador. C’était donc une toute nouvelle expérience, et aussi l’expérience d’une fracture, dont je ne sais pas exactement quelle est la nature, entre le théâtre et la comédie musicale… De fait je pensais avant de me renseigner que la comédie musicale n’était pas une pratique française, et que pour voir des acteurs jouer, chanter et danser il fallait aller à Broadway ou à Piccadilly Circus, or non. Dans un article du Monde l’année dernière le directeur du Châtelet à Paris Jean-Luc Choplin déclare “C’en est fini de l’exception qui voulait que Paris soit la seule capitale où les comédies musicales ne triomphent pas”. De fait au Châtelet, ce sont surtout des grands classiques du genre américain que l’on peut voir, et s’ils rencontrent un grand succès, dernièrement Un Américain à Paris ou My Fair Lady, il n’en reste pas moins que ce sont des productions américaines. Quid des comédies musicales françaises? Dans les années 70 il y a bien eu Starmania, mais son succès fut assez circonstancié, et il a fallu attendre la fin des années 90 pour assister à un renouveau des music-halls français, au premier rang desquels bien sûr Notre Dame de Paris, créé en 1998 et dont on peut en ce moment voir une reprise dans une nouvelle distribution. A la suite de cet immense succès populaire fleurissent plusieurs spectacles, Les dix commandements, Roméo et Juliette, plus récemment Mozart opéra rock ou Robin des Bois. Je cite là des spectacles qui sont d’énormes machines succès, mais de nombreux autres sont tombés dans l’oubli, or une comédie musicale ça coûte fort cher. Il y a les cachets des interprètes, qui peuvent monter assez haut lorsqu’on choisit des artistes qui ont déjà une notoriété dans la chanson - et c’est fort conseillé, les costumes et les décors sont des investissements conséquents - le principe même de la comédie musicale implique le faste visuel. La comédie musicale a donc un fonctionnement industriel, qui la classe à part dans l’économie du spectacle vivant à la française: elle n’est pas subventionnée, jouée dans des lieux qui peuvent accueillir beaucoup de spectateurs, avec un impressionnant dispositif promotionnel. Elle recourt donc à de poids lourds du secteur de la finance, des média ou du divertissement : Fimalac, Lagardère ou encore Stage Entertainment. Un exemple: Robin des Bois a coûté 26 millions d’euros, et les recettes tournent autour de 40 millions. Pour expliquer ce succès qui voit se multiplier les investissements, Capital par exemple recourt à l’histoire, et rappelle que la crise de 29 fut une période faste pour Broadway. On peut aussi rappeler le succès en France de l’opérette, dans le fonds on assisterait au retour d’une tradition bien française, celle du spectacle populaire chanté et dansé.

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