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EXHIBITION 'BODIES AND STAGES' IN THE KUNSTVEREIN HANNOVER

Comment vendre l'art vidéo ?

12 min
À retrouver dans l'émission

Une grande majorité des jeunes artistes aujourd'hui choisissent la vidéo comme médium. Pourtant les oeuvres vidéos sont difficiles à vendre, exposer et restaurer.

EXHIBITION 'BODIES AND STAGES' IN THE KUNSTVEREIN HANNOVER
EXHIBITION 'BODIES AND STAGES' IN THE KUNSTVEREIN HANNOVER Crédits : SEBASTIAN GOLLNOW / DPA - AFP

Lundi dernier ont eu lieu les premières assises du CIPAC, la fédération des professionnels de l’art contemporain, j’ai visité à cette occasion leur site, et remarqué que parmi les réflexions proposées il y en avait une intitulée “acquérir, numériser, conserver et restaurer les œuvres d’arts audiovisuelles”.

Je me suis souvent posée la question du devenir de la vidéo d’art, en dehors des écrans, tablettes, et autres installations technologiques qui leur servent de supports dans les expositions. Je me souviens l’an dernier avoir visité à Pantin un lieu dédié à la jeune création, et une des organisatrices m'expliquait la grande difficulté des artistes vidéastes à vendre leurs œuvres, disons encore plus grande difficulté car vendre tout court pour un jeune artiste c’est extrêmement compliqué. D’ailleurs parmi les artistes exposés dans la galerie, celui qui avait le plus vendu était un peintre sur verre, pas très représentatif des choix des jeunes artistes aujourd’hui qui choisissent peu le médium de la peinture.

Comment donc vend-t-on une œuvre vidéo ? Les institutions en achètent, on en voit dans les musées, par exemple viennent de se clore deux expositions largement dédiées à la vidéo au Palais de Tokyo à Paris, celle de Clément Cogitore et dans un tout autre genre celle de Mikka Rottenberg. Mais les collectionneurs privés eux boudent le médium. Alors pourquoi ? Dans les Foires d’art contemporain, les vidéos sont souvent mal installées, peu de collectionneurs prennent le temps de les regarder en entier. Il faut remarquer quand mêle que de plus en plus de lieux dédient désormais un espace spécifique à l’art vidéo, c’est le cas de la foire d’Art Basel Miami. Par ailleurs une œuvre vidéo est souvent très chère : elle demande beaucoup de temps de création et d’élaboration. Mikka Rottenberg par exemple montrait au Palais de Tokyo des vidéos représentant un élevage d’huîtres à perles en Chine pour lesquelles elle a voyagé et passé beaucoup de temps là-bas. Ensuite parce que la vidéo est facilement reproductible, facilement diffusable, et cela va à l’encontre de l’idée selon laquelle on posséderait une œuvre unique chez soi. Et puis aussi parce que son exposition dans un cercle privé est une vraie question : est-ce qu’on achète du matériel spécifique ? On allume et on éteint son écran en rentrant et en sortant de chez soi ? Enfin dernier problème, celui de la conservation des vidéos, qui sont des supports fragiles. On me racontait cette histoire d’un couple de collectionneurs parisiens qui embauche tous les ans des étudiants pour faire ce travail de renouvellement et de restauration des fichiers : appeler les galeries, demander des nouveaux DVDs etc.

Pas simple donc pour un artiste vidéaste alors même que la vidéo est partout dans l’art contemporain. Alors certains vont voir du côté du cinéma expérimental ou même du cinéma tout court, c’est le cas de Clément Cogitore par exemple. Par stratégie peut-être.

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Journaliste au Journal des Arts
L'équipe
Production
Réalisation
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