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Dalida à la télévision italienne en 1966

Dalidamania

11 min
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Trente ans après sa disparition, et alors que sort un film biographique à sa gloire: que représente aujourd'hui Dalida dans la musique française?

Dalida à la télévision italienne en 1966
Dalida à la télévision italienne en 1966 Crédits : LEEMAGE - AFP

Vous n’êtes pas sans le savoir tant le battage médiatique est intense, hier est sorti Dalida, le film de Liza Azuelos, un biopic comme on dit désormais pour décrire un film à teneur biographique, sur la chanteuse italienne d’origine égyptienne, morte il y a trente ans après une vie follement dramatique, et une formidable carrière musicale. J’ai vu le film, il choisit très clairement le premier volet - la vie dramatique, son rythme est celui des morts successives qu’a vécues Dalida, il faut dire qu’elles sont nombreuses et violentes, son père, son mari, deux de ses amants, et se clôt par son propre suicide en 1987 dans sa maison à Montmartre. Beaucoup des scènes d’amour, beaucoup de scènes de deuil, finalement assez peu de scènes musicales, ou alors assez courtes. On a tous ses tubes dans l’ordre chronologique, de "Bambino" à “Mourir sur scène”, en passant par "Come prima" et "Laissez-moi danser", comme autant de ponctuations jamais vraiment incarnées, surtout, on a l’impression que Dalida n’a jamais chanté que sur scène, on n’a accès à aucune espèce d’apprentissage, pas de mention de références, ou d’influences quelconques d’autres musiciens - à peine apprend-on que son père était professeur de violoniste. Il y a bien l’Olympia, Bruno Coquatrix apparaît à plusieurs reprises, un vague représentant de maison de disque, et puis son mari, Lucien Morisse qui fut aussi son producteur, mais le film fait totalement l’impasse sur la fabrique de l’artiste Dalida, sur sa voix notamment. De ce point de vue le casting est révélateur, l’actrice Sveva Alviti est très belle, elle a vraisemblablement beaucoup travaillé la ressemblance avec la chanteuse, en revanche on ne croit pas du tout à sa voix, quand elle chante en bref, les ficelles sont fort grosses, et on voit bien qu’elle ne chante pas.

C’est très dommage, j’aurais beaucoup aimé personnellement voir un bon film sur la chanteuse Dalida, pourquoi, parce qu’en tant que personne née au milieu des années 80 dans une famille où on écoutait beaucoup Gainsbourg et éventuellement Michel Jonasz, je dois avouer que je ne connais pas bien Dalida, voire pire, bouchez-vous les oreilles, Dalida ne représente à peu près rien pour moi. Et après avoir vu le film, elle ne représente d’un point de vue musical, toujours pas grand chose. C’est assez frustrant, parce qu’on voit bien qu’elle traverse pendant trente ans des périodes différentes, des genres différents: la romance italienne, la chanson à texte, la disco, le yéyé… A la fin du film j’ai essayé de chercher un équivalent aujourd’hui en France, sans succès, j’ai pensé à Madonna éventuellement. Alors que représente Dalida aujourd’hui au delà de sa tragique histoire qui continue apparemment de passionner les foules?

Intervenants
  • directeur de la rédaction de Vanity Fair
  • Journaliste Culture à Rolling Stone, Les Inrocks, Vanity Fair, Vogue
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