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Une photographie exposée dans l'exposition "Dans la peau d'un auteur jeunesse" lors du Salon de la littérature jeunesse à Montreuil en 2016

"Dans la peau d'un auteur jeunesse"

9 min
À retrouver dans l'émission

Alors que se clôt le traditionnel Salon de la littérature jeunesse à Montreuil, petit point sur la condition des auteurs.

Une photographie exposée dans l'exposition "Dans la peau d'un auteur jeunesse" lors du Salon de la littérature jeunesse à Montreuil en 2016
Une photographie exposée dans l'exposition "Dans la peau d'un auteur jeunesse" lors du Salon de la littérature jeunesse à Montreuil en 2016 Crédits : Laura Stevens

Le salon du livre de jeunesse de Montreuil vient de fermer ses portes le 5 décembre dernier, accueillant près de 175 000 visiteurs, une fréquentation en nette hausse; on pouvait notamment y voir une exposition intitulée “Dans la peau d’un auteur jeunesse”: une série de photographies qui ressemblent à première vue à des publicités ou des affiches, par exemple, un jeune homme se verse une tasse de café dans un intérieur coloré, et en bas une bulle colorée dans laquelle est inscrit: “ un paquet de café moulu à 3.90 euros = sept livres vendus”. L’équation est assez effrayante, et permet de sensibiliser sur la condition économique des auteurs jeunesse, une condition de plus en plus précaire selon la Charte, une association qui défend leurs droits et leurs intérêts et qui était à l’initiative de ladite exposition. Selon la Charte les auteurs jeunesse souffrent de la baisse ou de stagnation des à-valoir accordés par les éditeurs, d’une hausse des cotisations sociales, et aussi de la baisse globale des tirages et des ventes par titre… Tout cela est assez commun me direz-vous à l’ensemble de ceux qui font profession d’écrivains, mais il faut ajouter que les écrivains jeunesse touchent historiquement moins de droits d’auteurs. Dans un précédent Petit Salon il y a quelques semaines nous avions évoqué la question de la condition économique des écrivains, et j’avais fait mention de cette étonnante inégalité qui existe entre les auteurs de littérature “adulte” et les auteurs de littérature “jeunesse”: quand les premiers touchent environ 10% sur la vente d’un livre, les seconds ne touchent que 6%.

A écouter : L' écrivain est pauvre

A la suite de cette discussion, j’avais été contactée par une auteur-illustratrice d’albums jeunesse, Marie Caudry, dont je livre en quelques mots le propos. Elle commence par confirmer qu’elle se pose régulièrement la question de cette inégalité dont pâtit le secteur jeunesse, tout en précisant que certains auteurs touchent jusqu’à 8% du prix de vente en droits d’auteurs, mais seulement s’ils vendent plus de 100 000 exemplaires, ce qui concerne donc une poignée écrivains à succès dans le milieu. La première hypothèse qu’elle émet, c’est celle du coût de fabrication d’un album jeunesse, incontestablement supérieur au coût d’un livre. Seconde hypothèse que je trouve fort intéressante même si elle est moins facile à étayer, touche à des raisons historiques: je la cite: “les droits auraient mal été défendus par les premiers auteurs de littérature jeunesse (exemple: la comtesse de Ségur) qui considéraient leur activité comme un "loisir"”. Et d’ajouter que “L'inégalité est donc sans doute la même que dans toutes les professions principalement féminines”. Dans un entretien donné récemment la présidente de l’association La Charte Carole Trébor faisait d’ailleurs remarquer que cette précarité était commune à tous les métiers touchant à l’enfance, un secteur traditionnellement dévalorisé. Vous que pensez-vous de cette inégalité?

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