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Le Musée des Beaux Arts à Lyon

De la difficulté d'enrichir ses collections quand on est un musée

11 min
À retrouver dans l'émission

Donations, legs, dations: les musées français dépendent de plus en plus d'initiatives privées pour acquérir de nouveaux fonds.

Le Musée des Beaux Arts à Lyon
Le Musée des Beaux Arts à Lyon Crédits : JACQUES PIERRE / HEMIS.FR / HEMIS - AFP

C’était au début de l’été, on apprenait que Léon et Martine Cligman avaient décidé de donner 1200 oeuvres au Musée des beaux-arts de Tours, parmi elles des Toulouse-Lautrec, des Delacroix, des Kees Van Dogen soit l’équivalent de 20 millions d’euros, et pour les abriter, il annonçaient financer une extension du musée à hauteur de 5 millions d’euros. Le directeur des Beaux Arts n’en revenait pas de l’aubaine.

Pour autant les sons de cloche ne sont pas tous aussi mélodieux, à Tours certains s’étonnent de la rapidité de la décision, et de l’obtention d’un permis de construire espress au coeur d’un secteur sauvegardé à proximité de monuments classés. En effet ça va vite, très vite même, Monsieur et Madame Cligman ayant plus de quatre-vingt dix ans, et expérant couper eux-même le ruban lors de l’inauguration d’un bâtiment qui portera évidemment leur nom.

Ce petit exemple pour parler de ces legs, donations et autres dations privées qui nourrissent de plus en plus les collections des institutions publiques de France et de Navarre.

Alors comment un musée enrichit-il ses collections? Il y a plusieurs possibilités. Première option, il achète des oeuvres. Problème, les musées aujourd’hui et notamment les petits musées de province n’en ont plus les moyens. En 2013: le ministère de la culture a diminué de 61% sa subvention aux 25 fonds régionaux d’acquisition, qui sont une des principales sources publiques d’investissement. Même quand une institution parvient à obtenir des fonds publics, il est très rare qu’elle ne doive pas compléter ce premier fonds avec de l’argent privé. Exemple à Lyon : le musée des Beaux Arts a acquis il y a peu après des années de négociations “La fuite en Egypte" de Nicolas Poussin grâce au Louvre, à l'Etat, à la Ville, au conseil régional mais aussi à plusieurs mécènes privés. Les directeurs de musées s’arrachent les cheveux pour réunir suffisamment d’argent pour acquérir de nouvelles oeuvres qui sont indispensables à la survie de l’établissement: pour pouvoir notamment tout simplement organiser de nouvelles expositions.Et ils sont souvent lâchés par les collectivités et l’Etat. Par exemple à Rouen la Ville a tout bonnement supprimé le budget acquisition, le fonds continue de s’enrichir bon an mal an grâce aux accointances du directeur avec des collectionneurs privés. Et on en revient à eux, ces fameux collectionneurs privés qui sont les sauveurs des musées et qui de fait pallient les inconstances publiques en léguant, donnant ou datant des fonds, avec évidemment à la clé pour eux le prestige et force réduction d’impôts.

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