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Valérie Pécresse à Londres en 2017

De la politique musicale en Île-de-France

8 min
À retrouver dans l'émission

Valérie Pécresse aime-t-elle la musique?

Valérie Pécresse à Londres en 2017
Valérie Pécresse à Londres en 2017 Crédits : DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP - AFP

A en croire quelques récentes initiatives de la région île de France la réponse est assez nettement: non. A la mi-décembre, on apprenait que le Festival d’Ile-de-France allait disparaître, conséquence directe d’une baisse monumentale des dotations de la région de 1 569 000 euros à 500 000 euros, soit une chute de 68 %. Le festival d’Ile-de-France a donc vécu sa dernière édition à l’automne dernier, après quarante ans de bons et loyaux services. Un festival qui proposait des concerts de toutes les musiques, du classique à l’électro en passant par les musiques du monde, dans des dizaines de lieux de toute la région, y compris dans des villes et des quartiers d’île-de-France peu dotés en événements culturels. Avec succès, le festival affichait depuis dix ans un taux de remplissage de 87%. Pour justifier cette décision le Conseil régional avance plusieurs arguments, d’abord une question juridique, la région entrant à près de 80% dans le budget du festival, il y avait un risque de gestion de fait, c’est-à-dire de maniement illégal par une collectivité publique d’une association de droit privé, un risque que la région avait elle-même aggravé en plaçant à la direction du festival un élu alors qu’il était auparavant dirigé par un civil. Autre problème selon elle, des frais de fonctionnement trop élevés, la Région et les syndicats ne sont d’ailleurs pas d’accord sur les chiffres. La journal Le Monde daté du 14 décembre dernier avançait lui une autre raison possible, l’affiche du dernier festival, représentant un homme en tutu rose, aurait fortement déplu à certains élus de droite proches de Valérie Pécresse. Contactée par le même journal Le Monde, le Conseil municipal fait savoir que l’argent confisqué au festival d’Ile-de-France sera redistribué je cite “en direction des acteurs culturels, dans les bases de loisirs, dans un festival de cinéma en plein air, et en organisant dès août 2017 le festival d’Avignon en Île-de-France”. Pas de musique donc. Assez révélateur, je regardais sur France 3 une interview de Valérie Pécresse qui s’exprimait sur le festival, c’était à l’ordre de l’entretien, et on glissait de manière assez surprenante de la question du soutien aux associations culturelles, à celle du soutien à l’agriculture biologique en Ile-de-France…

Peut-être aurait-elle pu annoncer à cette occasion le coup porté à une autre association musicale de la région qui fêtait aussi ses quarante ans, l’Ariam, Association Régionale d’Information et d’Actions Musicales dont la suppression a été actée un mois après, après une procédure exactement identique: la région annonce sans préavis la suppression d’une grosse partie de sa dotation, l’Ariam dont la région est le principal financeur, acte l’impossibilité de continuer dans ces conditions, elle se dissout. L’Ariam c’est un lieu de formation des professeurs de musique, mais aussi un parc instrumental important où les ensembles louaient des instruments à prix très bas. Les suppressions se font donc tous azimuts dans le domaine musical, touchent à la fois des événements populaires, des lieux de formation classique. Que révèlent selon vous ces deux événements de la place de la musique dans la politique culturelle actuellement?

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