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une affiche du Barnum Circus - début du 20e siècle

Dernier tour de piste pour le Barnum Circus

10 min
À retrouver dans l'émission

L'institution du cirque américain joue ces semaines-ci ses derniers spectacles.

une affiche du Barnum Circus - début du 20e siècle
une affiche du Barnum Circus - début du 20e siècle Crédits : BIANCHETTI STEFANO / LEEMAGE - AFP

Il y a quelques jour, un des “plus grands chapiteaux du monde” a déclaré qu’il allait plier ses bâches et fermer boutique. La Barnum comme on l’appelle, mais qui porte le fort long titre de "Ringling Brothers.and Barnum & Bailey Circus" joue actuellement ses derniers spectacles, la dernière date est prévue pour le mois de mai. Le Barnum Circus est une institution aux Etats-Unis, créé en 1871 par un fils de fermier, un self made man, qui balade depuis sa réputation de “greatest show on earth”, “meilleur spectacle du monde” dans tout le pays. A la fin du 19e siècle, il compte trois pistes, un zoo, des ménageries, mais surtout des numéros de curiosités et de phénomènes (avec des géants, des nains, des femmes à barbe, la fameuse femme âgée de 161 ans, une sirène etc). Si les phénomènes ont disparu, demeure une tradition qui a fait l’âge d’or du Barnum, ce sont les éléphants, le cirque en possède des dizaines et il est connu pour ces impressionnantes parades de pachydermes, dont le premier, Jumbo, avait été acquis en 1882 et avait inspiré le dessin animé de Walt Disney. Il faut plutôt dire qu’il en possédait. Les éléphants sont au coeur des enjeux de cette fermeture. Il y a déjà quarante ans, les associations américaines de défense des animaux s’emparent du dossier Barnum, et dénoncent à plusieurs reprises les conditions dans lesquelles les animaux seraient traités par le cirque. Il y a quelques années, l’association PETA ‘People for the Ethical Treatment of Animals” fait paraître une vidéo tournée dans le Barnum, où on voit des dresseurs piquer les éléphants avec des bâtons pointus. Finalement le cirque a dû se passer de ses numéros d’éléphants, et attribue à cette perte la baisse drastique de ses recettes qui le contraint aujourd’hui à mettre la clé sous le chapiteau. C’est un coup de massue pour le milieu du cirque. Francesco Bouglione, le patron du cirque du même nom qui a repris la route après trente années de sédentarité, Bouglione a donné une interview à BFM, dans lequel il fait part de sa tristesse et de sa stupeur. Selon lui la pression des associations de défense des animaux n’est pas une explication suffisante pour expliquer l’effondrement du Barnum, il évoque une gestion désastreuse par la famille qui le possède, une famille qui selon lui appartient au milieu de la finance et pas du spectacle, et d’ajouter “le cirque aurait appartenu à une famille de cirque il n’aurait jamais fermé”. Plus intéressant, Bouglione ajoute que l’association en question tente de récupérer cette fermeture je cite “en disant que cela va permettre de mettre en place le cirque de demain. Non, cela ne va pas entraîner un cirque de futur! Le phénomène du nouveau cirque n’existe pas!”. Avec cette expression “nouveau cirque”, il fait référence à un courant du spectacle vivant, on en parle depuis le milieu des années 70, c’est un cirque qui a abandonné les paillettes, les animaux, mais aussi tout un contexte de représentation, plus de chapiteau, pas d’itinérance. Alors que veut dire Bouglione: est-ce qu’en effet le nouveau cirque n’existe pas, est-ce qu’il n’existe finalement qu’un seul cirque? Ou est-ce qu’il faut lire dans cette colère la crainte que le cirque traditionnel ne disparaisse, dissous dans une pratique contemporaine transdisciplinaire qui aurait signé son arrêt de mort?

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