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L'exposition Pierre Huyghe à Cologne en 2014

Des bestioles partout

9 min
À retrouver dans l'émission

Ces derniers temps la création contemporaine semble obsédée par la figure animale. Mais est-ce nouveau?

L'exposition Pierre Huyghe à Cologne en 2014
L'exposition Pierre Huyghe à Cologne en 2014 Crédits : OLIVER BERG / DPA - AFP

Puisque c’est l’heure des bilans de toutes sortes, je voulais partager un constat, celui de l’obsession de l’art contemporain ces derniers temps pour la figure animale : cette année on a pu voir de très nombreuses expositions mettant en lien, d’une manière ou d’une autre, la création plasticienne et la bête, je cite quelques exemples:

On peut toujours voir à la Fondation Cartier pour l’art contemporain jusqu’au 8 janvier une exposition intitulée “Le Grand Orchestre des animaux”, avec des photographies, des films, des oeuvres organisées autour de l'oeuvre du bioacousticien Bernie Krause qui a collectionné pendant des années des bruits de la faune dans le monde entier

Il y a eu l’été dernier une double exposition au Musée de la chasse et de la nature - il est vrai que c’est dans leur cahier des charges - qui s’appelait "Safaris/Safarix", avec un certain nombres de pièces d’artistes contemporains, notamment une gigantesque sculpture girafe creusée et peinte signée Agnès Rosse.

A la Maison rouge on pouvait voir la première monographie de Nicolas Darrot, un jeune artiste qui fabrique entre autres des petites bestioles mi organiques mi technologiques

Il y a eu aussi les sculptures de Quentin Garel à la galerie d’anatomie du jardin des plantes. Bref, la plupart de ces artistes qui travaillent la figure animale sont jeunes, et je m’interroge sur la signification de cette obsession. Paris Match a d’ailleurs consacré au début du mois de décembre une sorte de mini dossier à cette vogue dans l’art contemporain. De fait elle n’est pas neuve. Dans son abécédaire Gilles Deleuze commence par A comme animal : il évoque les animaux à territoire, et que pour lui, un animal constituant un territoire, c’est le début de l’art : les postures et les stratégies - couleur et chant - d’un animal qui marque son territoire, ce sont les déterminants même de l’art. Mais il semble qu’il y a quand même une vraie vogue, peut-être déterminée par les musées et les commissaires d’exposition, qui y voient un possible succès, de fait ces différentes expositions ont connu un certain succès critique, et ont été largement relayées dans les médias. Peut-être ce travail rencontre-t-il des préoccupations actuelles sur la biodiversité et l’écologie, des préoccupations que d’ailleurs la plupart des artistes que j’ai cités assument comme une des bases de leur travail. Est-ce que vous diriez-vous que cette obsession de l’art contemporain pour la figure animale est avant tout une posture éthique?

Intervenants
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
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