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Donald Trump visite le Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine à Washington le 21 février 2016.

Donald au musée - épisode 2

10 min
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Il y a quelques jours l'administration Trump a rendu publique une proposition de budget pour 2018. Les institutions culturelles, et notamment les musées, crient au scandale.

Donald Trump visite le Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine à Washington le 21 février 2016.
Donald Trump visite le Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine à Washington le 21 février 2016. Crédits : SAUL LOEB / AFP - AFP

Souvenez-vous il y a quelques semaines je vous parlais de Donald Trump et de son rapport aux musées, je vous expliquais notamment qu’il avait repoussé sa première visite à un établissement artistique, et avait envoyé sa femme à sa place, en l’occurrence il s'agissait de du Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine. Il a fini par y aller, le 21 février dernier, il a parlé là-bas de ses ambitions diverses, un peu de tout, sauf de culture, seulement une allusion à la fin, en prenant à partie le directeur Lonnie Bunch il a déclaré: “ce musée a été réalisé avec de l’amour. Et beaucoup d’argent. N’est-ce pas Lonnie? Beaucoup d’argent. On ne peut pas y échapper”.

Apparemment c’est exactement ça que cherche Trump, échapper à la culture, puisque le 16 mars dernier, son administration a dévoilé une proposition de budget pour l’année fiscale 2018 dans lequel la culture représente… 0%. Tout simplement. Donald Trump propose que soient supprimées les quatre agences fédérales qui gèrent la politique culturelle américaine, soit 971 millions de dollars. Parmi ces institutions, la NEA, National Endowment for the Arts est la plus importante et la plus connue. Elle avait été créée en 1965 sous l’impulsion de Lyndon Johnson, déjà à l’époque critiquée par la partie la plus droitière du parti républicain, et fustigée par l’administration Reagan dans les années 80. La NEA représente une infime partie du budget mis en oeuvre par les institutions culturelles, certes, nous sommes aux Etats-Unis, et les financements publics représentent une toute petite part du financement global d’une exposition dans un musée par exemple, néanmoins sa disparition serait catastrophique. Deux raisons pratiques au moins. Obtenir une subvention de la NEA, même infime, c’est pour beaucoup d’institutions culturelles, surtout les plus petites et les plus fragiles, un sésame nécessaire à l’obtention de fonds privés, c’est en quelque sorte un certificat de qualité indispensable. Deuxième raison: la NEA héberge en son sein un programme qui s’appelle le “Arts and Artifacts Indemnity Program”: ce programme est une sorte de garantie offerte par le gouvernement et permet à un musée qui souhaite emprunter des oeuvres pour organiser une exposition de s’exonérer des frais d’assurance, des frais énormes qui constituent souvent une grande partie du budget. Là ça ne concerne pas seulement les petites structures fragiles, mais véritablement tous les établissements américains, par exemple Thomas Campbell, directeur du Met, déclarait dans le New York Times le mois dernier qu’une exposition prévue consacrée à Michel-Ange aurait coûté 2.4 millions rien qu’en assurance, une somme que je cite “même notre musée, le plus grand musée d’art de la nation, ne pourrait se permettre de débourser”. Une catastrophe donc, tous les acteurs de la vie culturelle américaine sont sur le pont. Heureusement, il y a fort peu de chance que ça arrive, le budget doit passer devant le Congrès, le parti démocrate et une bonne partie du partie républicain voteront contre un budget qui a de toutes façons peu de chances d’être même présenté à l’état. Il n’en reste pas moins que ce type de geste spectaculaire est d’une grande violence symbolique: comment l'interprétez-vous?

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