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Watteau, "Acteurs de la comédie Française", Musée de l'Hermitage, Saint Pétersbourg.

Entrer à la Comédie-Française

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D'où viennent les nouvelles recrues du Français ?

Watteau, "Acteurs de la comédie Française", Musée de l'Hermitage, Saint Pétersbourg.
Watteau, "Acteurs de la comédie Française", Musée de l'Hermitage, Saint Pétersbourg. Crédits : LEEMAGE - AFP

Je rappelle d’abord la règle du jeu.

Pour faire partie de la petite soixantaine d’heureux élus qui peuplent l’établissement de la place Colette, il faut d’abord être engagé comme pensionnaire, un statut relativement précaire puisque tous les ans un conseil constitué de six comédiens et de l’administrateur général se réunit pour décider de leur sort, trois possibilités: rester pensionnaire, être débarqué, ou devenir sociétaire pour cinq ans, renouvelables sans limite.

Il se trouve que la dernière recrue s’appelle Gaël Kamilindi, il vient d’intégrer il y a quelques semaines la troupe du Français avec un rôle dans Lucrèce Borgia, mis en scène par Denis Podalydès. Gaël Kamilindi a un parcours on ne peut plus classique: Il a commencé à étudier le jeu au Conservatoire de Genève, puis a été pris au Conservatoire national supérieur de Paris, il a été recruté par Eric Ruf il y a quelques mois et fait le bonheur de la critique, Fabienne Darge dans le Monde le 3 mars dernier son “ excellente maîtrise de la langue et son aisance physique digne d’un danseur”. 

Il se trouve aussi que Gaël Kalimindi est métisse, qu’il est né en 1986 au Rwanda, et qu’il a été recruté aussi pour apporter je cite Eric Ruf de la “diversité” dans la troupe du Français, une diversité fort peu représentée jusque là puisqu’il est seulement le deuxième Noir à intégrer la Comédie Française. Qu’il soit noir pour le coup ne change pas grand chose au fait qu’il vient du même lieu que la plupart des petits nouveaux recrutés ces dernières années par le Français, à savoir, les grandes écoles de théâtre. Le magazine Grazia a publié la semaine dernière un dossier sur les “huit espoirs qui brûlent les planches”, nouvellement entrés à la Comédie-Française. Ils sont tous pour le coup très blancs, quatre garçons, et quatre filles. 

A l’exception de deux, Jennifer Decker et Rebecca Marder qui ont appris le jeu un peu sur le tas, tous viennent de quatre lieux qui sont aujourd’hui les quatre lieux de formation d’excellence dans le domaine, le Conservatoire de Paris, l’école du Théâtre National de Strasbourg, l’école de le Cours Florent et le Studio-Théâtre d’Asnières. Ce n’est pas toujours le cas, il y a eu des entrées plus étonnantes, je pense par exemple à celle d’Elliot Jénicot, recruté par l’ancienne administratrice Muriel Mayette qui l’avait vu dans un one-man show comique en 2011 sur les grands boulevards. 

Personnellement, il y a toujours une chose qui me frappe quand je vais à la Comédie-Française, c’est plus que la mise en scène, plus que le décor, plus que le texte qu’on va y entendre, une grande constance dans le jeu, une manière très française de respecter les textes liée à une certaine forme de virtuosité. D’où mon interrogation : est-ce que l’institution Comédie-Française est un moule ?

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