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Un rayon dans une librairie parisienne

Entrer à la Pléiade

11 min
À retrouver dans l'émission

Chaque entrée dans la prestigieuse collection de Gallimard est l'occasion d'une interrogation sur ce qu'est la "grande" littérature.

Un rayon dans une librairie parisienne
Un rayon dans une librairie parisienne Crédits : FRÉDÉRIC SOREAU / PHOTONONSTOP - AFP

Il y a quelques jours un nouvel auteur est entré à la Pléiade, en l’occurrence Jack London dont on va parler tout à l’heure pour une autre sortie, en poche cette fois. l’occasion de se demander ce que ça veut dire pour un auteur d’entrer dans cette collection réputée luxueuse, et qui choisit avec soin, chaque année, trois ou quatre nouveaux titres seulement. Deux volumes de l'oeuvre de Jack London ont donc paru, une partie de ses romans dont Croc-Blanc et L’Appel du monde sauvage et des nouvelles très peu lues en France, le tout dans de nouvelles traductions et avec des illustrations d’époque.

Revenons un instant sur l’histoire de la Pléiade, qui a été créée en 1931 par Jacques Schiffrin, qui la dirige pendant des années même lorsque la collection passe sous la coupe de Gallimard en 1933, coupe sous laquelle elle est toujours aujourd’hui. A l’époque, des affiches publicitaires paraissent vantant les mérites pratiques de ces livres: je cite “ vous pouvez avoir tout Racine dans votre proche”, la Pléiade est alors considérée comme un moyen d’avoir toute l’oeuvre d’un auteur à portée de main. Schiffrin pense s’adresser à un public étudiant, tout ça est assez drôle quand on considère aujourd’hui que la Pléiade est un objet de luxe: papier bible, cuir de mouton néo-zélandais, tranches en or, appareil critique développé: pas franchement dans le budget d’un étudiant moyen. La Pléiade c’est plutôt le livre bourgeois par excellence, et j’en reviens à ce que c’est que rentrer dans la Pléiade. On dit d’ailleurs la “bibliothèque” de la Pléiade, c’est assez significatif de deux choses, d’une part l’importance de la matérialité du livre, et d’autre part la sélection qui préside à la constitution d’une bibliothèque. Quand on interroge Gallimard à ce sujet, cette question de la sélection reste assez mystérieuse, on ne sait pas quels critères sont retenus, Hugues Pradier, qui la dirige depuis 1996, dit seulement et vaguement que les oeuvres retenues sont des oeuvres “pérennes”. Mais qui décide de la pérennité d’une oeuvre? Raymond Queneau qui a dirigé la collection pendant des années avait pour définir le catalogue envoyé à deux-cent auteurs en 1949 la question suivante: “Quels sont les cent ouvrages que tout honnête homme se devrait d'avoir lus ?”. Aujourd’hui Jack London entre au catalogue, et incarne deux des évolutions majeures de la sélection: de plus en plus d’écrivains étrangers, y compris contemporains, et de plus en plus de littérature populaire ou du moins considérée comme telle. Pour autant quand on regarde les titres qui sont les plus vendus aujourd’hui par la Pléiade: Saint Exupéry, Proust, Camus, Verlaine Rimbaud et Malraux, on voit bien ce que représente aujourd’hui encore cette collection, une vision bien marquée de la littérature. Et pour vous que représente la bibliothèque de La Pléiade?

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