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Le jury 2016 du Goncourt des Lycéens qui a choisi le roman Petit pays de Gaël Faye

Gloires du Goncourt des Lycéens

11 min
À retrouver dans l'émission

Finalement, vaut-il mieux avoir le Goncourt, ou le Goncourt des Lycéens?

Le jury 2016 du Goncourt des Lycéens qui a choisi le roman Petit pays de Gaël Faye
Le jury 2016 du Goncourt des Lycéens qui a choisi le roman Petit pays de Gaël Faye Crédits : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP - AFP

La saison des prix littéraires touche à sa fin, et le journal Le Parisien la semaine dernière un article intitulé “Prix littéraires - qui touche le jackpot?”. Vous l’avez compris il ne s’agit pas vraiment de qualité littéraire des ouvrages récompensés mais bel et bien de chiffres et de gros sous. Le journal relaie ainsi une enquête réalisée par l'Institut GFK, qui a mesuré les ventes moyennes des lauréats des principaux prix entre 2011 et 2015. Et là surprise, le Goncourt des Lycéens arrive devant le Goncourt: 394 000 exemplaires vendus par an en moyenne contre 345 000 pour son grand frère. Pour expliquer ces chiffres il faut d’abord rappeler ce qu’est le Goncourt des Lycéens. Le prix a été créé en 1988, il est organisé par la FNAC et le Ministère de l’Education nationale, et rassemble un jury d’environ 2000 élèves. C’est donc à la fois un prix accordé par des lecteurs jeunes, et par un jury populaire, contrairement au Goncourt qui lui est attribué par un jury d’écrivains et de “professionnels” de la littérature. C’est là sans doute qu’il faut voir une première explication à ce succès du Goncourt des Lycéens: le public imagine que le roman sera plus accessible, il est porteur d’une vision de la littérature moins élitiste, moins parisienne, et moins intimidante. Cette hypothèse est d’ailleurs confirmée par les chiffres que donnent l’article du Parisien: lorsqu’un Goncourt est un livre grand public, comme c’était le cas de Au revoir là-haut de Pierre Lemaître en 2013, le roman se vend beaucoup beaucoup mieux que par exemple Boussole de Matthias Hénard. Cette année le Goncourt, Chanson douce de Leïla Slimani, un roman inspiré d’un fait divers - le meurtre d’une enfant par une babysitter - peut typiquement connaître le même succès. Quoiqu’il en soit, au delà de cette question pécuniaire, on peut se demander si symboliquement, obtenir le prix Goncourt des Lycéens n’est pas plus attractif que le Goncourt tout court. Lorsqu’on entend les réactions des écrivains couronnés par la jeunesse, on entend souvent plus d’émotion, et même si le prix est moins prestigieux, certains auteurs voient sans doute plus de gloire à être récompensés par 2000 jeunes inconnus que par dix de leurs pairs. Sorj Chalandon par exemple, disait il y a quelques jours sur notre antenne au micro de Cécile de Kervasdoué que le Goncourt des Lycéens qu’il avait reçu en 2013 pour Le Quatrième mur était le plus beau prix qu’il ait jamais reçu, qu’il n’avait jamais pleuré que pour ce prix, et qu’il ne s’en était toujours pas remis. Surtout dans une société où on déplore systématiquement le fait que les jeunes ne lisent plus, ou lisent de moins en moins, il y a quelque chose du pari sur l’avenir, impression d’avoir visé juste. Je me demande par exemple si Gaël Faye, qui l’a emporté cette année et était aussi dans la liste du Goncourt, s’est posé ce genre de questions.

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