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Le Salon doré de Marie-Antoinette à Versailles

Histoires de faux

12 min
À retrouver dans l'émission

Depuis le début de l'année, plusieurs histoires de faux meubles et de faux tableaux défrayent la chronique et affolent le monde de l'art.

Le Salon doré de Marie-Antoinette à Versailles
Le Salon doré de Marie-Antoinette à Versailles Crédits : CHICUREL ARNAUD / HEMIS.FR / HEMIS - AFP

Sur la couverture du dernier numéro du Journal des Arts on peut lire le gros titre suivant: “après les faux meubles, les faux tableaux”: je ne sais pas vous cher Arnaud, mais moi j’aime beaucoup les histoires de faux, je trouve ça extrêmement romanesque, et depuis que de pareils scandales éclaboussent divers achats et transactions cette année, je lis tout. Je lis tout mais je ne comprends pas toujours tout, il faut dire que la question est beaucoup plus compliquée que ce qu’on peut imaginer, il n’y a pas seulement un faussaire malicieux qui peint un tableau flamand du 16e siècle dans sa chambre et qui le vend à un gros bourgeois dupé. Non, il y a des tas de commissions, des intermédiaires, des experts plus ou moins missionnés, des institutions publiques et des enchères privées.

Alors je vais essayer de résumer les choses de manière claire et rapide. D’abord l’histoire des meubles, il y a plusieurs affaires, dont la première est une histoire de chaises vendues comme authentiques pour meubler les salons du château de Versailles. La seconde qui est venue notamment jeter le soupçon sur la biennale des Antiquaires au mois de septembre dernier, est une affaire de commode, une commode “Oppenordt” (c’est le nom de l’ébéniste) aux armes de Colbert, dont on a révélé, après une série d’analyses, que le bois daterait probablement des années 80. Les années 80 de 1900 bien sûr. Sauf qu’entretemps le grand musée du Louvre l’avait acquis après un appel aux dons et classé “trésor national”.

Venons-en maintenant aux faux tableaux. C’est une affaire qui court depuis des années déjà, et qui concerne principalement une Vénus de Lucas Cranach datée de 1531 et un portrait de Sals daté de la fin de sa vie donc des années 1660; Ces deux tableaux sont très probablement des faux, vendus pour des sommes conséquentes par l'intermédiaire d’un monsieur italien Giuliano Ruffini et par Sotheby’s, l’un au prince du Liechtenstein, l’autre à un collectionneur de Seattle.Vous suivez toujours? Si ces petites histoires restaient du domaine du privé, on n’en parlerait sans doute moins, le problème, c’est le rôle que jouent dans le jeu des institutions publiques. Le portrait de Hals était en effet, après un prêt, accroché au Metropolitan à New York, ça la fout un peu mal, et surtout, il avait été authentifié par un conservateur du Louvre, nous y revoilà, Blaise Duclos, qui avait lui-même essayé de convaincre le musée de l’acheter.

Quand on essaie de démêler cette pelote, on se demande comment il est possible que des commissions neutres, c’est-à-dire qui ne dépendent ni des grandes maisons d’enchères, ni payés par de grands collectionneurs, ni par des institutions publiques, mais je ne sais pas, qui pourraient par exemple dépendre d’universités, et qui aient une autorité mondiale, statuent sur la valeur des oeuvres d’art avant toute transaction, qui plus est lorsqu’elle se fait avec des fonds publics.

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