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autour de l'étoile  vandalisée de Donald Trump à Hollywood en octobre 2016

Hollywood sous Trump

8 min
À retrouver dans l'émission

Après l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, on interroge la responsabilité des médias et des intellectuels dans le ralliement d'une partie de l'opinion à la droite radicale. Et Hollywood dans tout ça?

autour de l'étoile  vandalisée de Donald Trump à Hollywood en octobre 2016
autour de l'étoile vandalisée de Donald Trump à Hollywood en octobre 2016 Crédits : FREDERIC J. BROWN / AFP - AFP

Quelques jours après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, un certain nombre d’articles ont paru dans les journaux américains mais aussi européens sur la responsabilité des intellectuels et des artistes dans cet évènement, et notamment sur la responsabilité du cinéma. Il faut dire que l’establishment hollywoodien s’était fort investi pendant les élections, dans une majorité écrasante aux côtés d’Hillary Clinton, on peut citer George Clooney, Kirk Douglas, Julia Roberts, Leonardo di Caprio etc. Dans le journal The Guardian le 14 novembre dernier, le journaliste britannique Paul Mason a publié une tribune intitulé “Un Hollywood complaisant ignorait le radicalisme de droite - il est temps que les films disent la vérité””. Un article véhément qui résume assez bien certains enjeux et donne largement matière à débat, dont je vais essayer de résumer le propos. Il commence par un constat: parmi les dix gros succès au box-office en cette année 2016 qui signe je cite “la destruction des Etats-Unis en tant que superpuissance” il y avait: cinq films américains de super-héros, quatre dessins animés avec des animaux, et une comédie de science fiction qui fut un grand succès en Chine. Paul Mason imagine le désarroi des magnats d’Hollywood au lendemain de l’élection de Trump, le cinéma étant le refuge de la démocratie et le plus grand défenseur de ses valeurs, il a donc échoué. Et le journaliste de poser la question: quand adviendra enfin un sursaut politique dans le milieu du cinéma américain, pour qu’il se mette enfin à représenter ce qu’il doit représenter: à savoir le droit chemin? A ce stade de la réflexion Paul Mason dresse un parallèle entre la situation actuelle et le début des années 40, moment d’hésitation et finalement de prise de conscience pour l’industrie cinématographique aux Etats-Unis, qui poussée par l’attaque de Pearl Harbor, se lance dans un cinéma engagé, dont le film Casablanca est le plus efficace représentant. Pour Paul Mason l’élection de Donald Trump constitue un tournant digne de Pearl Harbor, et le cinéma américain doit choisir son camp. Et ça va très loin. Il imagine par exemple désormais que tout scénariste ou réalisateur qui envisage un personnage noir-américain ne peut faire l’économie de se demander si ce personnage aurait je cite “fait partie des 13% des hommes noirs qui ont voté pour un homme du Ku-Klux-Klan”. Paul Mason lance finalement un appel au cinéma hollywoodien: il faut qu’il se saisisse de la réalité, et se coltine la représentation de la classe populaire américaine, et ainsi sortir de la “complaisance libérale qui pensait qu’en gavant les masses avec des histoires sommaires de rédemption et de violence mythique, on les préserverait du radicalisme de droite”. Est-ce qu’il est pertinent d’attribuer au cinéma une responsabilité dans la montée de la droite et du populisme?

Intervenants
  • Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
  • Chef du service culture de Libération
L'équipe
Production
Réalisation
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