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la couverture du Cahier de l'Herne Houellebecq paru en janvier 2017

Houellebecq canonisé?

12 min
À retrouver dans l'émission

La publication d'un Cahier de l'Herne consacré à l'auteur et largement contrôlé par lui pose question.

la couverture du Cahier de l'Herne Houellebecq paru en janvier 2017
la couverture du Cahier de l'Herne Houellebecq paru en janvier 2017

Cette rentrée 2017 est une rentrée Pennac, on en parlait il y a quelques semaines, mais aussi à l’autre bout du spectre idéologique c’est aussi une rentrée Houellebecq avec la publication de Soumission en poche, la sortie du second volume de ses Oeuvres complètes, et celle d’un petit opuscule intitulé En Présence de Schopenhauer et surtout, l’édition d’un Cahier de l’Herne.

Avoir un tel cahier édité de son vivant est chose rare, depuis 1960, soit les débuts de l’édition, il y a eu Patrick Modiano, Michel Déon, Yves Bonnefoy ou encore Mario Vargas Llosa. Être publié de son vivant à l’Herne c’est une consécration, une forme de distinction littéraire, mais c’est aussi l'assurance de garder un certain contrôle sur ce qui va être dit. Pour rappeler ce qu’est un Cahier de l’Herne, c’est un grand et beau livre dans lequel se succèdent: des articles d’universitaire, des documents biographiques, des textes de l’auteur en question, certains sont inédits, d’autres sont des reprises d’articles déjà édités ou parus dans la presse. Le tout sous la direction d’un universitaire la plupart du temps, en l’occurrence pour Houellebecq il s’agit d’Agathe Novak-Lechevalier, maître de conférence à Paris 10.

Alors que vaut ce Cahier de l’Herne? Dans _Médiapar_t Jean-Jacques Birgé signe une chronique dithyrambique, parlant d’”opus déterminant”, de “portrait complexe et fidèle”, de “richesse fabuleuse”. Dans le Monde Eric Loret s’attache surtout aux inédits de l’auteur publié dans le Cahier, notamment un texte autobiographique sur sa mère, et sur la dimension schopenhauerienne de son travail, il remarque aussi la très grande dimension musicale du Cahier, il faut dire qu’au nombre des contributeurs on compte Jean-Louis Aubert ou encore Iggy Pop. Eric Loret qui émet quelques réserves sur le projet, sur certains articles notamment qui selon lui “prenant pour point de départ la supposée haine que médias et intellectuels auraient à son encontre, cette défense et illustration convoque écrivains connus, éditeurs et responsables de pages littéraires influents, pour expliquer que le Prix Goncourt 2010 publié chez Flammarion est finalement un incompris”. Même ironie plus explicite chez le Figaro qui publie sous la plume de Thierry Clermont un article intitulé “Houellebecq par Houellebecq” assez grinçant: soulignant que l’écrivain a pris bien soin de contrôler cette célébration, et qu’il y a dans ce Cahier à boire et à manger. On sent l’auteur de l’article agacé par le concert de louanges que constituent les articles signés Bellanger, Réza, Carrère, ainsi que par la pauvreté de certains inédits notamment une correspondance avec l’éditrice Teresa Cremisi. Finalement Le Figaro loue surtout les contributions étrangères du Cahier, plus objectives selon-lui. Que faut-il penser de la publication d’un tel objet, qu’est-ce que ça veut dire de ce qu’est devenue la figure de Houellebecq dans la littérature française?

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