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Matt Damon dans Jason Bourne de Paul Greengrass (2016)

Jason Bourne est fatigué

11 min
À retrouver dans l'émission

Petit retour sur les blockbusters de l'été, ou comment s'épuisent les franchises et avec elles, les héros des films d'action...

Matt Damon dans Jason Bourne de Paul Greengrass (2016)
Matt Damon dans Jason Bourne de Paul Greengrass (2016) Crédits : KOBAL / THE PICTURE DESK - AFP

En ce moment dans les journaux et les magazines il y a une publicité pour le film coréen Dernier train pour Busan, un film catastrophe avec des zombies. Ce n’est pas vraiment le film qui m’intéresse, que je n’ai pas vu d’ailleurs il paraît qu’il est bon, mais ce qu’il est écrit au dessus du titre à savoir: “marre des gros films de l’été? Des comédies pas drôles? Montez à bord”.

Je passe sur les comédies de l’été parce que c’est vraiment au delà de mes forces, regardons les blockbusters aux mois de juillet et août, période creuse s’il en est dans la fréquentation des salles obscures: Tarzan, SOS FANTÔME, Star Trek - sans limites et Jason Bourne. Personnellement je n’ai vu que le dernier je précise.

Trois films qui sont ou des suites ou des remakes, et surtout qui misent sur des héros et des recettes déjà vues, et qui jouent un jeu dangereux avec les attentes du public. SOS FANTÔME de Paul Feig tente de mettre ses pas dans ceux du film du même nom, réalisé par Ivan Reitman et sorti en 1984, l’histoire de quatre chasseurs de fantômes qui sévissent dans les rues de New York, un film devenu mythique. Au jeu de la reprise Paul Feig a carrément perdu, les critiques ont été désastreuses, et la bande annonce de son film fait partie des 100 vidéos les plus honnies sur la plate forme Youtube. Moralité : pas facile de se colleter un phénomène générationnel.

Pas facile non plus de produire des suites à n’en plus finir, et on peut se demander si les franchises Bourne et Star Trek ne sont pas désormais épuisées. Dans le cas de Bourne c’est assez spectaculaire: Jason Bourne pour rappel, est une sorte de super espion interprété par Matt Damon, formaté pour servir le programme le plus secret et le plus performant des services américains. Les trois premiers volets avaient fait le tour du sujet, le dernier laissait entendre que la fin de la franchise avait sonné, puisque Jason avait finalement recouvré la mémoire. Et pourtant, quelques années plus tard sortait une sorte de “variation” sur thème avec un nouveau personnage, interprété par Jérémy Renner, un autre super espion qui évoluait dans le même système que son prédécesseur. On pensait que c’était fini, et non, voilà que Matt Damon ressort du bois, pour un opus riche en scènes d’action virtuoses mais totalement dénué de scénario. On se dit vraiment qu’il faut que Jason Bourne raccroche. Et puis on se pose la question du bien fondé de ce système de franchises qui régit aujourd’hui toute l’économie des blockbusters américains, cet été c’était particulièrement flagrant et ça va continuer, avec la sortie en octobre prochain d’un second opus de Jack Reacher avec Tom Cruise. Et je pose la question: au delà des Jack Reacher, Ethan Hunt, Jason Bourne : est-ce qu’il n’est plus possible d’inventer un nouveau héros de film d’action? Qu’est-ce qui rend Hollywood aussi frileux de ce point de vue? Un article vient de paraître le 24 août dernier sur le site du quotidien The Guardian, condamnant le manque d’inventivité des studios américains, qui réutilisent indéfiniment les mêmes pots, et pointent du doigt la faillite potentiel d’un même modèle, à travers le crash cette semaine au box office d’une des grosses sorties de l’année, Ben Hur.

Intervenants
  • Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
  • Chef du service culture de Libération
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
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