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Richard III dans une mise en scène de Thomas Ostermeier au festival d'Avignon en juillet 2016

La folie Ostermeier

9 min
À retrouver dans l'émission

Chaque production du metteur en scène allemand fait salle comble et s'attire les faveurs de la critique française. Comment expliquer ce succès?

Richard III dans une mise en scène de Thomas Ostermeier au festival d'Avignon en juillet 2016
Richard III dans une mise en scène de Thomas Ostermeier au festival d'Avignon en juillet 2016 Crédits : BORIS HORVAT / AFP - AFP

On va parler dans quelques instants du Hamlet de Thomas Ostermeier, et donc je voulais ce soir parler du très grand succès du metteur en scène en France ces dernières années. Tous ses spectacles affichent complet, en ce moment par exemple on peut voir simultanément dans plusieurs lieux de tout l’Hexagone sa Mouette et Hamlet alors même que la compagnie vient de créer un nouveau spectacle il y a quelques jours à Rennes, Le Professeur Bernardhi. Il faut peut-être rappeler brièvement qui est Thomas Ostermeier, c’est un metteur en scène allemand, il a aujourd’hui une petite cinquantaine d’années, il est le directeur artistique de la Schaubühne à Berlin, le public français l’a découvert pour sa majorité en 2004 au Festival d’Avignon, il était alors artiste associé, son Woyzeck fut un immense succès, succès renouvelé à l’été 2015 avec un Richard III unanimement acclamé. En une dizaine d’années il a été montré partout, notamment à la scène nationale des Gémeaux à Sceaux qui est devenu dans l’esprit de beaucoup d’amateurs de théâtre totalement associé à son nom et à son travail. Il a aussi beaucoup été interviewé, son français est d’ailleurs plus que correct, on ne compte plus le nombre de portraits parus dans la presse française - ce dont d’ailleurs il s’étonne lui-même, à Fabienne Pascaud dans Télérama en 2012 il se disait même embarrassé par la “reconnaissance excessive” je cite dont il bénéficie en France. Peut-être est-ce précisément à cause de cet embarras qu’il a refusé à plusieurs reprises la direction de lieux, et notamment celle, fort prestigieuse, du théâtre de l’Odéon à Paris, probablement surtout, comme il le dit d’ailleurs parfois lui-même, parce qu’en France il n’aurait pas les moyens financiers de créer autant, dans l’esprit de troupe auquel il s’accroche bec et ongles. Alors pourquoi retourne-t-on inlassablement voir des spectacles de Thomas Ostermeier? Il faut dire qu’il a une “méthode”, il le dit lui-même, elle a d’ailleurs fait l’objet d’une master-class à Paris il y a quelques mois, conséquence, ses spectacles se ressemblent, et c’est aussi pour ça qu’on s’y attache, avec l’assurance de trouver sur scène un spectacle de bonne facture, bien joué, bien rythmé, jamais très long, 2h30 pour un Richard III. Il travaille toujours les textes du grand répertoire avec son dramaturge Florian Borchmeier et il faut reconnaître que ce travail préalable est toujours exigeant et fin. Les comédiens sont dirigés au cordeau, dans un esprit de troupe, avec toujours un rythme rapide, assez proche du dialogue cinématographique, et en cela très différent du jeu traditionnel français. Ses mises en scène transposent systématiquement l’action dans un contexte contemporain avec toujours en ligne de mire, un engagement politique par ailleurs largement revendiqué, une vision qui lui vaut d’être sans cesse interrogé sur la crise des intermittents, sur l’avenir culturel de l’Europe etc. Le public français est désormais habitué à ce que ce soit un metteur en scène allemand qui lui parle le mieux de son monde : comment l’expliquez-vous?

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