LE DIRECT
Dans les allées du Manga et Sci-Fi Show en 2015 à Paris.

La France deuxième patrie du manga

11 min
À retrouver dans l'émission

La France est le deuxième marché pour la bande-dessinée japonaise après le Japon. Pourquoi?

Dans les allées du Manga et Sci-Fi Show en 2015 à Paris.
Dans les allées du Manga et Sci-Fi Show en 2015 à Paris. Crédits : CITIZENSIDE / SERGE TENANI / CITIZENSIDE - AFP

Il y a quelques semaines une très grande partie de la presse généraliste a rendu hommage à un dessinateur de mangas japonais, Jirô Taniguchi, décédé le 11 février dernier. Chose étonnante à mes yeux totalement néophytes en matière de manga, j’ai été surprise que la presse s’émeuve à ce point de cette disparition. J’ai alors lu rapidement que Jirô Taniguchi était très connu en France, il avait été invité d’honneur de l’édition 2015 du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, son oeuvre avait fait l’objet d’une exposition à Versailles l’année suivante. Dans un entretien donné à Angoulême, cet homme extrêmement réservé avait fait part de son étonnement quant à ce succès en France, comme s’il s’en excusait, pourtant les connaisseurs de bande dessinée japonaise s’accordent tous à dire que Taniguchi avait une manière d’envisager son art très occidentale, considéré comme austère dans son pays, son trait sobre et classique très inspiré selon ses propres dires par la ligne claire convenait bien à l’oeil français, il était en fait le mangaka préféré de ceux qui n’aiment pas le manga, pas étonnant donc qu’il ait été honoré à Angoulême, un évènement fort peu enclin à inclure la bande dessinée japonaise dans sa programmation.

Alors même que le succès du manga est chez nous retentissant, la France est tout simplement le deuxième marché mondial après le Japon, devant les Etats-Unis. Cette histoire française de la BD japonaise commence au tout début des années 90, on s’accorde à dire que la vogue a été lancée par la publication chez Glénat d’Akira de Katsuhiro Otomo, l’histoire d’un gang d’adolescents motards qui découvrent un complot militaro-industriel. Au milieu des années 90, tous les grands éditeurs de bande dessinée ont leur collection dédiée. Les séries les plus populaires atteignent vite les dizaines de milliers d’exemplaires voire les centaines de milliers d’exemplaires. Un des gros succès des années 2000 et qui perdure aujourd’hui, c’est One Piece, une série commencée en 1997, traduite en France à partir de 2000, il en existe aujourd’hui plus de 80 tomes, là c’est l’histoire d’un équipage de pirates dont certains ont des super-pouvoirs qui évoluent dans un univers fantastique peuplé de créatures étranges. Le succès de cette série est mondial et assez phénoménal, vendu à plus 300 millions d’exemplaires, c’est plus que Tintin, plus qu’Astérix en beaucoup moins de temps, et c’est particulièrement le cas en France. Les chiffres de ventes ne sont d’ailleurs qu’une partie émergée de l’iceberg manga en France, la pratique du manga ne se limite pas à la lecture de bandes dessinées papier, aujourd’hui les amateurs et les passionnés lisent aussi sur Internet, la toile a démultiplié les possibles du manga, on en parle sur des forums, on les lit directement sur le net,, on y télécharge les adaptations animées, parfois même des adaptations sonores. Il y a aussi les foires, Japan Expo créée en 1999 ou encore Paris Manga qui s’est tenu à peu près en même temps que le Salon du Livre Porte de Versailles à Paris, et qui attirent des centaines de milliers de fans - souvent âgés de moins de vingt ans, parfois déguisés dans la tenue de leurs héros préférés. Qu’est-ce qui fait selon vous de la France un terreau fertile pour le manga japonais?

Intervenants
  • directeur de la rédaction de Vanity Fair
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
Production
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......