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la façade de la Maison rouge à Paris

La Maison Rouge ferme ses portes

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Son fondateur le collectionneur Antoine de Galbert a annoncé que ce lieu d'exposition parisien allait fermer en 2018, au grand regret des amateurs d'art contemporain.

la façade de la Maison rouge à Paris
la façade de la Maison rouge à Paris

Mercredi 11 janvier dernier une nouvelle a agité les milieux de l’art contemporain, l’annonce de la fermeture de la Maison Rouge le 30 octobre 2018. La Maison Rouge est un lieu important d’exposition, installé depuis 2004 à Paris dans une ancienne usine du quartier de la Bastille, sous l’impulsion d’Antoine de Galbert - c’est lui-même qui a porté cette nouvelle à la presse. En douze ans les 1300m2 de la Maison Rouge ont pris une place importante dans l’art contemporain en France, en présentant des collections privées comme Arthur Walther ou Jean-Jacques Lebel, en révélant de jeunes artistes comme dernièrement Nicolas Darrot, parfois issus de pays et de cultures artistiques peu connues. Valérie Duponchelle pour Le Figaro liste les cinq expositions “choc” je cite de la Maison Rouge, de la première "L’intime, le collectionneur derrière la porte”qui présentait 16 reconstitutions de 16 pièces habitées par 16 collectionneurs, à "Ceramix" l’année dernière, qui explorait toutes les possibilités du matériau . On reconnaît à la programmation une certaine audace, Le Monde sous la plume de Philippe Dagen fait remarquer par exemple que bien souvent la Maison Rouge a précédé des tendances de l’art contemporain apparues par la suite dans des biennales ou de grandes expositions. Pourquoi donc, forte d’un tel succès la Maison rouge va-t-elle fermer ses portes? Antoine de Galbert a d’abord écarté toutes les rumeurs sur sa santé et sur l’état de ses finances, et a fait une réponse assez surprenante que je vous cite “je ne vois pas comment nous pourrions faire mieux, aller plus loin. En créant la Maison Rouge, je savais que l’aventure finirait un jour. Il me semble préférable qu’elle finisse alors qu’elle est - je crois qu’on peut le dire même si c’est manquer de modestie - au plus haut de la vague, plutôt que de courir le risque de moins bien finir”. Il a également expliqué que le statut du lieu n’était de toutes façons pas pérenne, ce n’est pas un lieu subventionné, et il n’aurait de toutes façons pas pu garantir son budget ad vitam eternam, n’étant pas aussi pourvu “que François Pinault” je cite. La plupart des titres de presse qui se font l’écho de cette annonce regrettent la fermeture d’un lieu important pour le public et pour les artistes, on lit quand même dans le Parisien davantage de mesure, quand l’article remarque que “La Maison Rouge s’était forgée une solide réputation chez les amateurs d’art contemporain” mais qu’elle était néanmoins “peu connue du grand public”. J’ai cru discerner sous votre plume Yasmine Youssi dans Télérama un peu d’ironie, en fait je ne sais pas bien comment interpréter votre propos quand vous dites qu’Antoine de Galbert a peu utilisé la Maison Rouge pour présenter les trésors de ses propres collections, et qu’il n’a pas fait monter les cotes des artistes qu’il représentait: je n’arrive pas à savoir si c’est un reproche ou au contraire si c’est une manière de saluer un cloisonnement salutaire entre ses activités de collectionneur privé et de fondateur du lieu. Vous allez nous expliquer du coup. En tous cas faut-il être attristé par la disparition de ce lieu?

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