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Une librairie en 2008

La mention "roman" sur les couvertures

10 min
À retrouver dans l'émission

Sur le dernier livre de Benoît Duteurtre, Livre pour adultes, il est écrit "roman". A quoi correspondent ces mentions génériques sur les couvertures des sorties littéraires ?

Une librairie en 2008
Une librairie en 2008 Crédits : MYCHELE DANIAU / AFP - AFP

Florent Georgesco s’étonnait la semaine dernière que le dernier livre de Benoît Duteurtre soit affublé du qualificatif de “roman” en couverture, alors que selon lui ce ne serait absolument pas un roman.

Autre cas problématique de la rentrée littéraire, le livre d’Ivan Jablonka, que certains appellent ‘essai”, d’autres “récit”, en tous cas le livre est dans la sélection du Goncourt et du Renaudot, et vient de recevoir le prix littéraire du Monde. Ce qui pose des questions intéressantes sur la place de l’essai, dedans, dehors, ou en lisière de ce qu’on appelle “littérature”.

Le problème aujourd’hui j’ai l’impression c’est la question de la responsabilité de ce qualificatif apposé sur la couverture: qui décide du genre d’une oeuvre littéraire, à une époque où la question du genre est devenue de toutes façons problématique? Est-ce que le plus légitime à décider de cela est l’auteur? Là les attitude varient, certains sont agacés quand on leur demande de faire rentrer leur oeuvre dans une catégorie qu’ils jugent obsolète ou inexacte, certains autres au contraire y tiennent, par exemple ceux qui jouent le jeu de la fiction inspirée de la réalité, et qui pour mettre à distance le réel justement, préfèrent déjouer la question du réel ou de la sincérité. On pense à Christine Angot par exemple. Ça devient une sorte de jeu, pas d’ailleurs toujours très intéressant ou fructueux d’un point de vue littéraire. J’avoue partager avec Florent Georgesco une forme d’agacement face à cet usage de la catégorie “roman” ou encore “récit”, qui ne veut absolument rien dire la plupart du temps;

Il ya aussi des fois où c’est une clé de lecture utile, je pense par exemple au terme de “roman en vers” sur la couverture des Amours Chino, le dernier livre du poète Christian Prigent, qui guide la lecture d’une suite de poèmes ardue, et lui donne une trajectoire chronologique. Ça fait partie du projet esthétique. Mais la plupart du temps la catégorie sur la couverture est plutôt une déroute ou un leurre assez vain. Finalement je me demande si ce serait pas mieux définitivement délaissé des catégories littéraires et de s’en cantonner au terme de “livre” qui ramène l’oeuvre à sa condition d’objet, multipliable et interprétable par tout un chacun.

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