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Vaiana, La légende du bout du monde

L'affaire "Vaiana"

9 min
À retrouver dans l'émission

Chaque nouveau film des studios Disney s'accompagne de son lots de crispations identitaires et de polémiques.

Vaiana, La légende du bout du monde
Vaiana, La légende du bout du monde

Mercredi dernier est sorti sur les écrans le fameux Disney de Noël, le cru de cette année s’appelle Vaiana, la légende du bout du monde, aux Etats-Unis l’héroïne s’appelle Moana, et a déferlé en plein week-end de Thanksgiving, inscrivant dès les premier jour de sa sortie un nouveau record d’entrées, devant La Reine des Neiges. Vaiana c’est l’anti Reine des neiges, une jeune héroïne qui n’est pas une princesse, qui se fiche bien des garçons, et dont le seul but est l’aventure, l’aventure sur les mers puisqu’elle est née dans une île du Pacifique Sud. Elle se lance aux côtés d’un demi Dieu, Maui, dans une vaste épopée maritime pour sauver son peuple. Physiquement, Vaiana est aussi l’anti Reine des neiges: brune, cheveux bouclés, peau foncée, et formes rondes. Comme toujours lorsqu’un nouveau film des studios Disney sort, et surtout quand il s’essaie à la représentation d’une culture et d’une géographie particulières, s’ensuivent tout un tas de polémiques. Des polémiques que relaie un article du Point paru jeudi dernier et signé Phalène de la Valette. Premier point de crispation: l’allure du demi-dieu Maui, figure centrale de la mythologie polynésienne. Dans le film il est certes jovial et doué d’une grande force mais surtout il est incontestablement gros, ce qui n’a pas plu à certains représentants de la communauté, qui y voient un signe profondément raciste. Il y a quelques semaines déjà on avait parlé de ce Maui à l’occasion d’Halloween, quand il avait fallu retirer du commerce des déguisements à l’effigie du personnage, sous prétexte que les tatouages qui le constituaient sont chose sacrée, et que c’était une violente atteinte aux croyances d’un peuple entier. Au delà de ces polémiques somme toutes assez vaines, et qui n’ont pas vraiment empêché le succès en salle du film, il est intéressant de constater la très grande prudence des studios Disney: Les réalisateurs John Musker et Ron Clements ont travaillé pendant des années sur l’univers de Vaiana, avec plusieurs séjours dans le Pacifique Sud, le recours à des expertises locales et universitaires multiples, bref tout un outillage pratique et théorique qui montre bien les enjeux identitaires et politiques d’un film qui sera vu par 200 millions de spectateurs environ. Il faut dire que chaque film de Disney qui tente des excursions exotiques s’expose à ce type de critiques, et ça a toujours été, Aladin par exemple, dans lequel une chanson avait été censurée au motif qu’elle faisait du Moyen Orient une terre barbare, ou encore plus loin Peter Pan dont la représentation des Indiens et de leur histoire dans une chanson avait déjà fait scandale lors de sa sortie en 1953… Comment vous comprenez que la forme du dessin animé concentre autant d’enjeux idéologiques?

Intervenants
  • Journaliste, critique de cinéma et animateur de télévision et de radio
  • Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
Production
Réalisation
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