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Le manuscrit de Voyage au bout de la nuit de Céline vendu aux enchères en 2001

Le goût du brouillon

8 min
À retrouver dans l'émission

Les manuscrits et les fac-similés de manuscrits d'écrivains sont très courus et les maisons d'édition en profitent.

Le manuscrit de Voyage au bout de la nuit de Céline vendu aux enchères en 2001
Le manuscrit de Voyage au bout de la nuit de Céline vendu aux enchères en 2001 Crédits : JEAN-PIERRE MULLER / AFP - AFP

Le Figaro littéraire se penchait jeudi 15 décembre dernier sur le succès grandissant, en France, des fac-similés de manuscrits, et se pose la question de cet engouement du grand public pour l’encre, les ratures et les paraphes. Il faut évidemment y voir un intérêt pour le manuscrit littéraire en lui-même, sauf que pour se payer un vrai manuscrit, une lettre ou même un petit mot de son écrivain préféré, il faut avoir une bourse bien remplie.. L’article rappelle ainsi les sommes astronomiques déboursées par des particuliers ou des institutions pour acquérir quelques pages du patrimoine littéraire national, dernièrement par exemple 7 millions d’euros débloqués par la Bibliothèque Nationale de France pour le manuscrit d’Histoire de ma vie de Casanova, ce manuscrit a d’ailleurs par la suite fait l’objet d’une exposition qui a fort bien marché, preuve encore une fois de l’intérêt d’un public pas seulement universitaire pour ce type d’objets. A ce propos, petite parenthèse, mais ce n’est pas sans lien: je ne comprends pas pourquoi ce type de manuscrit, évidemment d’intérêt public, n’est pas versé automatiquement, et donc sans frais, au fonds de la BNF. Il y a quelques années l'institution avait dû aussi débourser près de deux millions d’euros pour acheter le manuscrit du Voyage au bout de la nuit qui s’était retrouvé aux enchères. Quand on est un particulier, ce genre d’acquisition est donc forcément très rare à moins d’être un grand collectionneur. D’où, et j’y reviens, les fac-similés. Plusieurs maisons d’éditions se sont lancées ces dernières années dans l’établissement de tels ouvrages, souvent luxueux. Les Presses Universitaires de France ont inauguré en 2008 une collection intitulée “Sources” qui incluait à la fin des ouvrages, comme des suppléments, des fac-similés du manuscrit. Les éditions Textuel ont lancé quelques temps après, en plusieurs volumes, des correspondances d’écrivains, notamment les lettres d’amour de Rainer Maria Rilke ou Victor Hugo à leurs maîtresses. Le Figaro cite la maison fondée par Jessica Nelson et Nicolas Tretiakow, qui a notamment édité une copie du manuscrit de l’Ecume des jours de Boris Vian. Des ouvrages tirés en exemplaires limités et numérotés (autour de 1000), vendus tout de même entre 100 et 200 euros, une manière de conserver, même si c’est assez artificiel, l’illusion de la rareté. Que signifie ce succès? L’article du Figaro évoque le tout numérique, et notamment le fait que les écrivains écrivent aujourd’hui sur ordinateur, ce qui crée une nostalgie de la plume chez les lecteurs; il y a aussi cette relation intime qu’on peut entretenir avec l’écriture de l’artiste qu’on aime; l’intérêt génétique, découvrir dans les brouillons, dans les ratures, les ficelles ou les secrets d’un succès. Vous, que voyez-vous derrière ce succès des manuscrits?

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