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Frank Ocean reçoit un prix lors des Brit Awards en 2013

le label de Frank Ocean voit rouge

12 min
À retrouver dans l'émission

Il y a quelques jours sortait Blond(e), le deuxième album autoproduit de Franck Ocean, après maints effets de manches et un congé en règle de son label.

Frank Ocean reçoit un prix lors des Brit Awards en 2013
Frank Ocean reçoit un prix lors des Brit Awards en 2013 Crédits : BEN STANSALL / AFP - AFP

Petite scène de bureau. La semaine dernière, Boris Pineau qui travaille avec nous ici à La Dispute essaie de mettre la main sur le nouvel album de Frank Ocean, Blond(e), dont on vient d’apprendre la sortie. Son deuxième album après des années d’attente je précise pour le contexte. Il appelle donc le label de Franck Ocean, Deaf Jam, pas de réponse. Même son de cloche chez Universal, qui est son distributeur, à savoir pas de son, ça sonne dans le vide. On ne le rappelle pas.

De fait on l’a su quelques jours après, Deaf Jam et Universal avaient découvert “Blond(e)” en même temps que nous tous.

Comme un certain nombre d’artistes ces derniers temps, Frank Ocean a choisi de passer outre ses engagements vis à vis de son label et de son producteur, mais comme il est malin, il leur a quand même donné quelque chose. Et ce quelque chose c’est un autre album, intitulé Endless,  paru vingt-quatre heures à peine auparavant. De fait en deça de toutes considérations esthétiques, Endless n’est probablement pas un cadeau pour Deaf Jam et Universal, puisqu’il s’agit d’un album vidéo et instrumental, ce qui en fait un objet doublement difficile à vendre. On imagine l’agacement et l’humiliation que ça peut constituer pour les labels, non que je les plaigne.

Blond(e) est donc sorti directement et en exclusivité sur une plateforme payante de téléchargement, en l’occurrence celle d’Apple. Qu’est-ce que ça change? Déjà ça change quelque chose d’un point de vue économique, Frank Ocean montre après Kanye West, après Beyoncé, qu’impasse peut être faite à la fois sur labels et sur les distributeurs traditionnels. Ainsi autoproduit, l’artiste peut récupérer 70% des revenus contre 14%. Ça change aussi quelque chose à la manière de sortir un album: l’objet disque n’existe plus, ça c’est évident depuis un moment, mais c’est comme si on compensait par la création d’autres médias : en l’occurrence la vidéo. Endless est autant un film qu’un objet musical, tout comme l’était [Lemonade](http://<iframe frameborder=), le précédent projet de Beyoncé sorti à la surprise général. La sortie des albums des grandes stars de la pop et du rhythm'n'blues fait couler bien de l’encre, on ne sait plus ce qu'elles vont inventer pour créer plus de diversion, plus de suspense, ou au contraire plus de surprise. Frank Ocean avait annoncé la sortie d’un prochain album il y a plus de trois ans, et distillé ces derniers mois, des extraits énigmatiques et des informations et contradictoires au compte-goutte. Tout est affaire de dramatisation. Ce n’est pas forcément quelque chose de très nouveau: prenons une grande star du rythm'n blues, le jeune James Brown, dans les années soixante le label King Records multiplie les évènements alors même que le matériau musical n’est pas si abondant: singles à tout bout de champ, ressorties, faux albums live, doublons, disques instrumentaux. Comme le résume Ryan Dombal chroniqueur sur le site spécialisé Pitchfork dans un long article paru il y a une semaine: “au départ, Frank Ocean était simplement un grand raconteur d’histoire; Et puis il est devenu l’histoire".

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