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La Fondation Louis Vuitton à Paris en 2014

Le mécénat "sans la générosité"

10 min
À retrouver dans l'émission

Alors que l'exposition Chtchoukine à la fondation Vuitton bat son plein, une petite réflexion sur le mécénat de Bernard Arnault.

La Fondation Louis Vuitton à Paris en 2014
La Fondation Louis Vuitton à Paris en 2014 Crédits : STEPHANE FRANCES / ONLY FRANCE - AFP

Ce qu’on entend là c’est la voix du Président Directeur Général de LVMH, au micro de Laurent Delahousse le 23 octobre dernier, c’était donc la fin du journal de 20h, venait d’être diffusé un sujet assez hallucinant il faut bien le dire sur le parcours exemplaire de Bernard Arnault saint patron chéri du luxe français, et de l’art français. C’était bien sûr à l’occasion de l’ouverture de l’exposition Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton à Paris, une exposition exceptionnelle aux dires de beaucoup, qui permet de voir la collection de collectionneur russe du même nom, et donc des Gauguin, des Matisse entre autres. Alors l’exposition au-delà de sa valeur artistique peu contestée et apparemment incontestable, donne lieu à un battage médiatique impressionnant, célébrant l’action formidable de la fondation Vuitton qui a réussi à contourner les embrouilles en cours entre l’Elysée et le Kremlin, la diplomatie par l’art tout ça, ça plaît beaucoup à Laurent Delahousse. J'ai repensé à un article paru dans le journal Le Monde, une tribune de Jean-Michel Tobelem intitulée “fondation Louis Vuitton: le mécénat d’entreprise sans la générosité”. Jean-Michel Tobelem est docteur en gestion, il est professeur associé à l’Université Paris 1 et il est passablement énervé. Il commence par remarquer que l'entreprise LVMH a tellement investi dans les médias, via des investissements directs ou la publicité, que les discours critiques sont malaisés, et qu’on tend à faire de Bernard Arnaud je cite “un protecteur désintéressé des arts et de la culture”, ce qui n’est pas vrai. Jean-Michel Tobelem remarque que la Fondation Vuitton, si elle a permis à LVMH de bénéficier de conditions fiscales extrêmement avantageuses, n’en coûte pas moins aux Français, qui assurent via l’impôt finalement plus de la moitié de son coût, un coût qui dépasse largement ce qui avait été prévu. Jusque là rien de profondément choquant, sauf que Jean-Michel Tobelem poursuit en remarquant la cherté du prix de l’entrée payante donc bien sûr, pour toute personne ayant plus de 3 ans: 14 euros. Et de conclure: “la fondation affirme par là-même que l’art moderne et contemporain est un “produit” de luxe, réservé à une élite internationale et à consommer entre soi”. Non sans ajouter qu’aux Etats-Unis, les mécènes eux, sont généreux, citant l’exemple de ce musée de Bentonville dans l’Arkansas, ouvert par la milliardaire Alice Walton, et dont les collections sont gratuites.

Intervenants
  • Journaliste au Journal des Arts
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
L'équipe
Production
Réalisation
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