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Affiche du 19e Printemps des Poètes

Faire de la poésie évènement

11 min
À retrouver dans l'émission

Alors que s'ouvre la 19e édition du Printemps des Poètes, petit examen d'un exercice délicat.

Affiche du 19e Printemps des Poètes
Affiche du 19e Printemps des Poètes

Le week-end prochain va s’ouvrir le Printemps des Poètes, une manifestation qui a lieu chaque année dans toute la France. Qu’est-ce que le Printemps des poètes? Elle a été créée en mars 1999, par Emmanuel Hoog et Jack Lang, l’idée était de créer une sorte d’équivalent de la Fête de la Musique pour la poésie, avec une ampleur nationale et populaire. Chaque année la manifestation se choisit un thème pour assurer une forme de cohérence aux événements prévus, j’en cite quelques uns, le rire en 2009, “enfance” en 2012, plus énigmatique “couleur femme" en 2010. Cette année le cadre est géographique puisque c’est “Afrique(s)”, avec un “s” entre parenthèses comme il se doit. C’est la 19e édition, la dernière organisée par son directeur artistique historique, Jean-Pierre Siméon, puisqu’il a annoncé il y a peu qu’il passait la main à Sophie Nauleau. A cette occasion il revient dans une interview donnée hier au site en ligne Actualitté (avec 2”t”), toujours aussi enthousiaste quant aux missions du Printemps des poètes, qu’il a en effet hissé sur les devants de la scène culturelle, on en parle beaucoup dans la presse, j’ai pu le constater, et notamment dans la presse régionale, qui annonce ces derniers jours les différents événements locaux qui vont se tenir dans son cadre. Jean-Pierre Siméon revient donc sur les efforts qu’il a menés pour faire de ce Printemps un événement important pour la poésie, une poésie vivante, qui serait le point d’orgue d’un travail mené toute l’année au sein du Centre de ressources national créé pour l’occasion. Il s’agissait surtout de faire de la poésie événement, en s’associant notamment aux théâtres, en créant des Brigades d’interventions poétiques par exemple, en utilisant toutes les ressources à disposition dans la France entière. Jean-Pierre Siméon insiste sur cette dimension nationale et populaire, mais néanmoins ambitieuse sur le plan artistique, c’est là d’ailleurs que se situe un des premiers écueils d’une telle manifestation, la très fine lisière qui sépare une vision pédagogique et scolaire de la poésie en France, et une vision esthétique et élitiste. Une alternative qui rejoint une autre question de taille, celle de l’élargissement considérable du champ de la poésie, dessiné par ce type d'événement. C’est assez évident quand on regarde les programmes: y entrent des lectures publiques, des conférences, des performances, des spectacles, les intervenants viennent de tous les horizons artistiques, autant du théâtre, de la littérature, que de la musique. A cet égard il est intéressant de noter que cette année les deux parrains de cette édition sont un réalisateur, Abderrahmane Sissako, et un journaliste Soro Solo, deux personnalités qui ne sont, pas stricto sensu des poètes. Se pose dès lors la question de la dangereuse dilution du champ poétique dans une sorte de fourre-tout, dans lequel tout ce qui serait du domaine de la création serait poétique de toutes façons. Quelle image ce type d'événement donne-t-il selon vous, du champ poétique?

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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