LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L'équipe du film Zombillenium qui sortira le 21 juin, Cannes, le 24 mai 2017

Cinéma d'animation en France : 20 ans de renouveau, quel potentiel ?

13 min
À retrouver dans l'émission

Depuis la sortie du premier "Kirikou et la sorcière" en 1998, le cinéma d'animation français a renoué avec la critique et le succès en salle. La production est variée et foisonnante : 77 films entre 2006 et 2015, derrière les Etats-Unis et le Japon.

L'équipe du film Zombillenium qui sortira le 21 juin, Cannes, le 24 mai 2017
L'équipe du film Zombillenium qui sortira le 21 juin, Cannes, le 24 mai 2017 Crédits : Anne-Christine Poujoulat - AFP

Quel avenir pour l'animation française ?

Le 37ème Festival d'Annecy commencera lundi prochain. Zombillenium déjà montré à Cannes y sera en compétition officielle (il était hors compétition à Cannes). C’est un film d'Arthur de Pins, adapté de sa propre bande dessinée, et dernier représentant de cette vague de cinéma français remarquée depuis environ les années 2000, entre la sortie de Kirikou et la sorcière et les Triplettes de Belleville. Une vague originale, portée notamment par les adaptations de bandes dessinées, Les Triplettes, Ernest et Célestine, sans parler d’un autre mode de production – et registre- de la série des Astérix... Mais pas seulement : la presse française mettait l’accent le mois dernier sur l’économie et le talent de cette animation qui « tient son rang grâce à l'Europe », (selon La Croix) si on analyse les derniers chiffres du CNC – de 2006 à 2015 : on relève le choix des coproductions, environ les les 2/3 des 77 films d’animation de cette période, alliance gagnante qu'on remarque d'ailleurs assez tôt dès Les triplettes de Belleville, en 2003 produit par la France, la Belgique et le Québec. La Croix analyse notamment cette relation franco-belge qui noue un certain nombre de coproductions de ces dernières années, et à venir : comme celles de Didier Brunner, Kirikou et la sorcière, Les Triplettes, et Ernest et Célestine – une formule et une équipe qui marche puisque c'est avec son réalisateur Benjamin Renner qu'il produira Le grand méchant renard qui sort le 21 juin : « nous partageons les mêmes affinités et les mêmes exigences, une belgitude qui nous plaît beaucoup » dit Didier Brunner de ses partenaires.

De plus, la presse insiste sur la filière de formation développée ces dernières années : notamment celle de l'école des Gobelins, prestigieuse et historique école d'animation – jugée 2 années de suite meilleure au monde par le site spécialisé Animation Career Review note le journal – et d'où sont issus certains des réalisateurs de cette vague française : Simon Rouby pour Adama en 2015, ou sur un mode plus Hollywoodien, Pierre Coffin, qui réalisé les Moi, moche et méchant, ou Les Minions.

Cette situation n'est pas tout à fait nouvelle : ces articles élogieux viennent confirmer un constat déjà fait par Télérama en 2012, année du 2ème Kirikou, d'Ernest et Célestine et du Magasin des suicides de Patrice Leconte : « Triomphe de l'animation française » selon Cécile Mury à l'époque : la « French Touch » s'arracherait à l'étranger, l’explosion des formations – plus ou moins sérieuses – en témoigne : 5 en 1998 – année du 1er Kirikou, 73 en 2012, près de 80 aujourd'hui...

Pourtant derrière ce tableau très élogieux – et un peu déconnecté du monde extérieur et de la concurrence américaine et japonaise – le pari sur l'animation française n'est pas toujours commercialement gagnant. C'est peut-être là que les différences entre succès critique et succès public se font le plus sentir… Avec Adama, beau film mettant en scène un enfant d'Afrique de l'Ouest imaginaire à la recherche de son frère sur le front d'une 1ère guerre mondiale tout aussi irréelle : 4 M d'euros, 70 000 entrées. L’année dernière La Croix s’intéressait aux « mésaventures des films d'animation français » : remarquant qu'en 2015 5 longs métrages – dont 2 primés à Annecy – avaient fait moins que 200 000 entrées : Adama, Dofus, Avril et le monde truqué, Phantom boy, Tout en haut du monde. En cause, des questions de calendrier de distribution, de concurrence publicitaire US, mais aussi, peut-être, de scénario : « les thèmes abordés, la maladie infantile dans Phantom Boy, et les choix graphiques très épurés de Tout en haut du monde, ont peut-être rebuté les spectateurs, abreuvés de films comiques en 3D avec des animaux qui parlent. » dit le distributeur de ces films Didier Lacourt. Didier Brunner s'interrogeait même sur l'opportunité d'utiliser encore la 2D alors que la 3D « rassure » les producteurs et plaît au public. Au Festival d'Annecy cette année, peu de productions française : seul Zombillenium, sombre et comique, sur les 9 films en compétition Longs Métrages officielle, 7 sur les 47 en sélection Courts Métrages.

La French Touch risque-t-elle de payer son originalité ?

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......