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extrait du film Les Choristes de Christophe Barratier

Chanter français

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Alors que le Choeur de l'Orchestre de Paris fête ses quarante ans: existe-t-il un art choral à la française?

extrait du film Les Choristes de Christophe Barratier
extrait du film Les Choristes de Christophe Barratier

Il y a quelques semaines, le Chœur de l’Orchestre de Paris soufflait quarante bougies, l’occasion de revenir sur l’histoire d’un ensemble qui illustre peut-être de manière la plus éclatante la gloire de l’art choral français. Dans un article paru récemment dans le Figaro Christian Merlin rappelle l’histoire de ce chœur, fondé en 1977. C’est alors le chef Daniel Barenboim qui est à la tête de l’Orchestre de Paris depuis deux ans, il décide de lancer un vaste projet de constitution d’un chœur pour pouvoir facilement jouer les grandes pièces symphoniques pour chœur et orchestre. L’idée de former un chœur avec des grands amateurs naît à ce moment-là, c’est une solution fort enviable du point de vue économique, et le projet se réalise à grande vitesse. Barenboim confie la mission à Arthur Oldham, qui auditionne plus de 1500 candidats pour en retenir finalement 100. C’est à lui qu’incomba la tâche de diriger le choeur jusqu’à son éviction à son grand regret d’ailleurs, en 2002, il avait alors 75 ans. A sa place furent nommés Laurence Equilbey dans le rôle de directrice artistique et deux chefs de chœur, une succession hybride peu satisfaisante selon Christian Merlin. Depuis 2011 c’est Lionel Sow qui dirige le Chœur de l’Orchestre de Paris, un chœur à géométrie variable avec plusieurs formations possibles, composé de plus de 300 chanteurs amateurs adultes et enfants, dont on vante aujourd'hui les mérites. Cette bonne fortune ne plaît d’ailleurs pas à tout le monde. Il y a quelques années, une petite polémique avait éclaté lorsque le Chœur de l’Orchestre de Paris avait obtenu d’être en résidence à la toute nouvelle Philharmonie de Paris, un collectif s’était même formé - “Colère lyrique”, pour dénoncer la “concurrence déloyale” que faisait peser une telle initiative sur les chœurs professionnels et salariés. Évidemment la polémique ne portait pas sur le niveau du chœur mais sur le rythme d’activité de l'ensemble amateur, fournissant autant de prestations qu’un chœur professionnel. Pas normal, selon le collectif, que pour un concert où tout le monde est rémunéré, orchestre, techniciens, administration, les choristes jouent gratuitement. La polémique rejoignait d’ailleurs une plus vaste interrogation sur la question du bénévolat dans la culture, débattue dans le cadre de la loi sur la création et le patrimoine. Ce brouillage entre chœurs professionnels et chœurs amateur en France est une vraie question, dans un autre article du Figaro paru également il y a quelques jours, Thierry Hillériteau, pour célébrer la bonne santé des chœurs français cite dans la même phrase celui du l’Orchestre de Paris, Les Cris de Paris, qui d’ailleurs a longtemps été amateur avant de devenir professionnel en 2005, ou Accentus. Des statuts différents, mais ils sont tous porteurs d’un art choral, qui s’il ne rivalise pas encore sur la scène nationale avec celui d’une Cappella Amsterdam, n’a pas à rougir selon lui, et se renouvelle joliment depuis quelques années. Est-ce qu’il existe selon vous un art choral à la française et comment se défend-il?

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