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L'affiche de Valérian - Luc Besson - sortie prévue le 26 juillet prochain

Le retour de la musique de film à Radio France

8 min
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Il y a quelques jours le studio 104 de la Maison de la Radio était sens dessus dessous pour accueillir l'enregistrement de la B.O du futur film de Luc Besson.

L'affiche de Valérian - Luc Besson - sortie prévue le 26 juillet prochain
L'affiche de Valérian - Luc Besson - sortie prévue le 26 juillet prochain

Il y a quelques jours, ici-même à la Maison de la radio avait lieu l’enregistrement de la bande-originale de Valérian, le dernier film de Luc Besson, composée par Alexandre Desplat. La chose avait lieu dans le studio 104, avec l’Orchestre National de France et une partie du chœur de Radiofrance. Un journaliste du Monde a pu assister à une session, il décrit une forêt de micros, les 95 musiciens du National un peu embarrassés de casques grâce auxquels se fait la synchronisation image-son, et une partition assez complexe inspirée comme souvent par la musique symphonique de Ravel et de Debussy, dirigée par Alexandre Desplat lui-même.

Le Monde n’est pas le seul quotidien à s’être intéressé à ce qui constitue en effet un événement dans la vie musicale française, l’Orchestre national de France n’avait plus enregistré de bande originale depuis 1995, à l’époque c’était pour Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau. Les orchestres français sont fort peu sollicités par le septième art, à la différence des orchestres britanniques et surtout du fameux London Symphonic Orchestra, le LSO, qui enregistre la plupart des bandes-originales symphoniques du cinéma européen mais aussi hollywoodien. C’est donc de la part de Luc Besson une véritable décision militante, qui correspond à sa plus large volonté de faire de Valérian un film à gros budget entièrement fabriqué en France, musique compris, il s’est d’ailleurs félicité sur son compte Twitter, au premier jour de l’enregistrement, de ce choix, un choix qui n’a pas été sans difficultés; selon Michel Orier, directeur de la musique et de la création culturelle à Radiofrance interrogé par le Monde “il a fallu trouver un accord avec les musiciens, les chanteurs et les techniciens pour alléger les contraintes administratives, s’aligner sur les conditions de travail du LSO”. En effet au rythme imposé par les conventions collectives de l’orchestre et de Radiofrance, l’enregistrement aurait pris plus de trois semaines, contre six jours finalement. Il faut croire que c’est donc le système même de l’orchestre français et ses conditions socio-économiques qui rebutent le septième art, qui a besoin de rapidité et d’efficacité, le tout dans un budget souvent serré et dans lequel la musique n’est souvent pas prioritaire. Autre obstacle, la technique, alors que va fermer le 9 avril prochain le studio Davout, un des temples parisien de l'enregistrement de musique de film dans les années soixante et soixante-dix. L’article du Monde décrit un studio 104 entièrement remanié pour l’occasion et surtout équipé de matériel qui n’existe plus en France, apporté spécialement d’Angleterre, commes les micros Neuman M50 qui permettent de former ce qu’on appelle le fameux “Decca Tree”, un dispositif de prise de son considéré comme le meilleur au monde. Peut-être y a-t-il aussi une autre raison par delà les questions économiques et techniques. Je suis souvent frappée que dans les programmes de concert dans d’autres pays, en Angleterre, en Espagne, figurent des œuvres des grands de la musique de film, Nino Rotta, John Williams, c’est beaucoup plus rare en France: est-ce qu’il n’y aurait pas une désaffection ou une forme de mépris même des ensembles français pour le septième art?

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