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l'affiche originale des Guerilla Girls en 1985

Le retour des Guerilla Girls

11 min
À retrouver dans l'émission

En Europe en ce moment se tiennent plusieurs expositions du collectif américain féministe les Guerilla Girls, qui entendent dénoncer les inégalités entre hommes et femmes dans le monde de l'art.

l'affiche originale des Guerilla Girls en 1985
l'affiche originale des Guerilla Girls en 1985

On reparle ces derniers temps des Guerilla Girls, à l’occasion de plusieurs expositions qui ont cours en ce moment en Europe. Qui sont les Guerilla Girls? C’est un collectif féministe qui a été fondé en 1985 à New York, à l’occasion d’une grande exposition organisée au Metropolitan Museum, un exposition intitulée “an international survey of painting and sculpture”, - traduisez “un aperçu international de la peinture et de la sculpture”, dans lequel les femmes représentaient 4% des artistes exposés, et 76% des nus. De ce premier scandale est née l'affiche célèbre des Guerilla Girls: la représentation d’une femme allongée de dos, dans la position d’Olympia, avec une tête de gorille et un plumeau dans la main, avec en dessous la question suivante: “ une femme doit-elle être nue pour rentrer au musée?”. De nombreuses autres actions se sont lancées dans la foulée, pour dénoncer les inégalités entre les sexes dans le monde de l’art avec des slogans sur les “avantages” d’être une femme : “ne pas travailler avec la pression du succès”, “pouvoir s’échapper du monde artistique grâce aux petits boulots” ou “l'opportunité de choisir entre carrière et maternité”.

Aujourd’hui le collectif existe encore, même si ses membres sont peu nombreuses, une quinzaine aux Etats-Unis, il est toujours actif, et propose de réfléchir à travers des actions et des expositions à la manière dont la situation a évolué. Les Guerrilla Girls remarquent que plus personne n’ose aujourd’hui remettre en question la valeur des oeuvres produites par des femmes artistes, mais que l’inégalité perdure, et notamment au niveau des revenus. Quant à la visibilité dont elles bénéficient, elles remarquent qu’aux Etats-Unis la plupart des grandes institutions qui achètent et exposent de l’art contemporain ont un système de quotas, il y a donc nettement plus de femmes exposées qu’il y a trente ans - elles soulignent néanmoins la prolifération de musées privés, qui eux s’embarrassent souvent moins de ce type de questionnements. En Europe, et en France, on se méfie des systèmes de ce type, il n’y a donc pas de quotas. A l’occasion de la Frieze, la grande foire d’art contemporain londonienne, les Guerrilla Girls ont organisé à Londres une exposition intitulée “Est-ce encore pire en Europe?”, dans laquelle elles exposent des formulaires, des questionnaires qu’elles ont envoyés il y a quelques mois à 400 musées européens, avec des interrogations sur la diversité des artistes exposés. 100 ont répondu. Elles soulignent les efforts faits par les institutions espagnoles, ou anglaises. Elles s’étonnent notamment de ce que le Centre Pompidou n’ait pas répondu, et le classent parmi les très mauvais élèves, rappelant que depuis l’exposition “Elles” montrée en 2009, aucune exposition collective n’avait été organisée sur des femmes artistes.

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