LE DIRECT
L'acteur Alex R. Hibbert dans le film Moonlght

Le succès de "Moonlight"

13 min
À retrouver dans l'émission

Le film de Barry Jenkins sort demain dans les salles françaises après une belle unanimité aux Etats-Unis.

L'acteur Alex R. Hibbert dans le film Moonlght
L'acteur Alex R. Hibbert dans le film Moonlght Crédits : David Bornfriend

Un film qui est déjà sorti aux Etats-Unis à la fin du mois d’octobre, qui avait déjà fait grand bruit, et qui en fait plus encore depuis la sortie des nominations aux Oscars, avec La la land dont on parlait la semaine dernière, il est le grand favori de la cérémonie qui aura lieu à la fin du mois de février.

Qu’est-ce que Moonlight? C’est une histoire d'initiation en trois chapitres, celle de Chiron, jeune garçon noir, pauvre et homosexuel qui grandit dans un quartier difficile de Miami, entre une mère droguée et un dealer, Juan, chez qui il trouve régulièrement refuge et qui fait figure de père de substitution. Le réalisateur s’appelle Barry Jenkins, il était jusque là à peu près inconnu, de même que les acteurs et notamment les trois jeunes qui jouent Chiron à trois âges différent, le film est plutôt classé dans la rubrique des films indépendants, et c’est au départ l’adaptation d’une pièce de théâtre, In moonlight black boys look blue, au clair de Lune, les garçons noirs sont bleus”, de Tarell Alvin McCraney, le dramaturge a d’ailleurs largement travaillé au scénario du film.

Le moins qu’on puisse dire est que l’accueil critique aux Etats-Unis a été unanime; Un article est particulièrement intéressant, déjà probablement parce qu’il a été parmi les critiques les plus lues, et aussi parce qu’il livre probablement la quintessence, et parfois malgré lui des enjeux que soulève la sortie du film. Il a paru dans le New York Times le 20 octobre dernier, et le titre a la forme d’une question: “Moonlight est-il le meilleur film de l’année”? La réponse est peu ou prou: oui. L’article tente de donner ce qu’est la substance du film, en faisant mine de ne jamais pouvoir vraiment en faire le tour: Un film qui traite selon le papier de ce que c’est que “grandir en étant noir, pauvre et homosexuel” dans un milieu où règne “l’addiction à la drogue, la violence à l’école et l’incarcération de masse”. Mais pas seulement, aussi un poème, aussi une histoire d’émancipation, l’histoire simple d’un petit garçon qui apprend à nager. Ça me fait un peu penser à une affiche que j’ai vu ce matin dans le métro, où était inscrite une citation d’un journal: “un film sur la vie tout simplement”. Un film sur la vie tout simplement, peut-être mais l’article finit quand même par mettre le doigt sur ce qui fait qu’on ne peut pas voir Moonlight tout simplement: l’absence presque totale de blancs dans le film. Immédiatement le journaliste précise immédiatement que le film transcende absolument la question raciale, et que les personnages sont beaucoup plus que des symboles. Pourtant le film est d’ores et déjà symbolique, lui qui impose à la cérémonie des Oscars et donc à l’institution cinématographique américaine autant d' acteurs noirs, et un réalisateur noir. Ces derniers jours aux Etats-Unis on parle beaucoup de ça, le fait que cette année donc, parmi les 20 nominations au titre de meilleur acteurs/actrices, il y a 6 acteurs noirs, un record dans l’histoire des Oscars. Pensez-vous qu’on peut le voir différemment en France, hors contexte?

Intervenants
  • Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......