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Joey Starr en concert à Bruxelles le 12 août 2016

Les rappeurs vieillissent-ils plus mal que les autres ?

10 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les groupes de rock des années soixante et soixante-dix soulèvent encore les foules, quid des "vieux rappeurs"?

Joey Starr en concert à Bruxelles le 12 août 2016
Joey Starr en concert à Bruxelles le 12 août 2016 Crédits : CITIZENSIDE / OLIVIER GOUALLEC / CITIZENSIDE - AFP

Il y a quelques jours se tenait aux Etats-Unis à Indio Californie le “Desert Trip Festival”, un festival que certains ont qualifié de Oldchella, contraction de Old - vieux - et Coachella, un des festivals les plus courus des Etats-Unis. De fait sur scène on pouvait voir et entendre: les Rolling Stones, Paul McCartney, Les Who, Neil Young, Roger Waters. La moyenne d’âge des artistes qui ont foulé la scène: 72 ans. Le concert du siècle selon beaucoup, qui a attiré dans le désert beaucoup de soixantenaires, beaucoup de nostalgiques des grands festivals des années soixante, qui en ont eu pour leur argent - près de 400 dollars les trois jours, quand même. En entendant parler de ces papys du rock qui continuent régulièrement de remplir des salles gigantesques, et de faire l’unanimité, j’ai repensé à une petite brève critique lue dans le Nouvel Observateur il y a un mois, qui rendait compte de la parution du dernier album de De la Soul. De la Soul est un groupe de rap américain, dont le premier album a paru en 1989. Même si c’est 20 ans après Woodstock, le magazine a l’air de trouver qu’ils poussent le bouchon un peu loin, je cite “ le rap va vite, et les rappeurs vieillissent mal. Ce neuvième album le prouve à nouveau. Il oscille entre un groove boisé de brocanteur et des tentatives fourbues de fusion rock hip-hop, avec des apparitions embarrassantes de David Byrne et Damon Albarn. A 47 ans, Posdnuos, avec sa voix lisse et sautillante, reste un bon rappeur, mais ses textes ont l’air de sortir d’une soirée d’improvisation slam dans un bar à smoothies”. Dur. Le rap vieillit-t-il vraiment moins bien que le rock ? Est-ce impossible d’imaginer, dans vingt ans, des soixantenaires biberonnés au hip hop courir dans le désert californien applaudir les grands rappeurs populaires du moment - Kanye West, Jay Z et autres ? On arguera que le rap est affaire de subversion musicale et politique, que de ce point de vue le vieillissement de ses interprètes est fatal, - il y a quelques jours, Joey Starr affichait spontanément son soutien aux forces de l’ordre après l’agression des policiers de Viry-Châtillon, lui qui criait “nique la police” il y a quinze ans dans ses concerts.

Mais n’était-ce pas exactement la même chose avec le rock des années soixante et soixante dix, une musique populaire, portée par des voix et des idées jeunes? Serait-ce alors, que le rap vieillirait mal musicalement, faute de se renouveler? Ou alors que le rap est un genre qui n’appartient à aucun artiste, qui n’a produit peut-être aucun monstre inattaquable comme le sont les Beatles ou les Rolling Stones, là réside peut-être le pressentiment de sa longévité.

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