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Une affiche des Victoires de la musique classique 2017

Les Victoires de la musique classique J+1

11 min
À retrouver dans l'émission

Quelle image de la musique classique française cette cérémonie annuelle veut-elle donner?

Une affiche des Victoires de la musique classique 2017
Une affiche des Victoires de la musique classique 2017

C’était donc hier soir l'événement que toute la France mélomane attendait, et surtout Emmanuel Dupuy, les Victoires de la Musique classique. Cette année elles étaient diffusées depuis l’auditorium de Radiofrance sur France Musique, et à la télévision sur France 3, présentées par Frédéric Lodéon et - c’était une nouveauté - par Leila Kaddour. C’est surtout à l’aspect télévisé que je vais m’attacher ce soir, les Victoires sont un des très rares moments de présence de la musique classique en direct à la télévision, et c’est intéressant de voir quelles stratégies la télévision met en place pour “faire passer” cette musique classique. Je rappelle brièvement le principe du programme: il s’agit de présenter des artistes français, dont certains sont nommés dans différentes catégories, il y a donc d’abord un semblant d’enjeux pour les musiciens, mais c’est étonnant, ce n’est pas du tout une stratégie adoptée par les organisateurs, les moments d’ouverture des enveloppes, qui sont des moments clés dans d’autres cérémonies comme les Césars par exemple, sont presqu’escamotés, ce n’est clairement pas sur ces choix là, effectués en partie par des professionnels de la musique, en partie par les auditeurs, que mise la production. On assiste donc, plutôt qu’à une vaste compétition, à une émission de variétés, qui enchaîne extrêmement rapidement diverses prestations et cette rapidité, pour le coup, est clairement une stratégie. Tout est très court, les instrumentistes ne jouent qu’un mouvement voire un bout de mouvement, les plateaux changent très vite. Au niveau de la réalisation même chose, je n’ai pas compté un seul plan de plus de 10 secondes, on passe allègrement de la tête de la chanteuse, aux mains de la flûtiste, à la baguette du chef d’orchestre à une vitesse assez déconcertante, et qui finit vraiment, après deux heures de programmes, par donner le tournis. D’autant que les morceaux qui s’enchaînent sont très différents, on passe donc en quelques instants d’un concerto de Tchaïkovski à un air de Rossini à du Piazzolla au marimba sans ménagements. Et j’en viens à une deuxième stratégie: le répertoire, il est certes varié, on constate cependant un goût prononcé pour les tubes: pour bien accrocher le spectateur on commence avec un extrait du Boléro puis Sonya Yoncheva chante le Vissi d’arte de Tosca et hop voilà Jonas Kaufmann qui ne se foule pas trop avec un extrait de la bande originale du Parrain. Peu d’incursions dans le contemporain, Thierry Escaich peut bien remporter une victoire, on n’entendra pas sa musique. Et surtout, j’ai remarqué hier soir une grosse propension au folklorique, hier soir tout faisait un peu espagnol, un peu hongrois, un peu tzigane, un peu tarentelle. Plus ça sonne comme quelque chose de familier, plus c’est dansant, plus ça marche. Enfin dernière stratégie, la jeunesse, c’est vraiment sur les révélations et donc les jeunes musiciens que repose l’intérêt des Victoires, on n'aime rien tant que montrer des petits génies qui jouent des choses très virtuoses, la palme revenant à un jeune violoniste que je ne connaissais pas Daniel Lozakovitch, quinze ans insiste-t-on, et on lui en donnerait huit, qui s’est enfilé en direct un extrait du concerto de Bruch devant des yeux ébahis. Toute la question est donc: quelle image de la musique classique les Victoires veulent-elles donner, et selon vous, quelle image donnent-elles réellement?

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