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Pierre Boulez et Peppino Di Giugnio au début des années 80 à l'IRCAM

L'IRCAM fête ses quarante ans

8 min
À retrouver dans l'émission

On connaît assez peu l'Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique, créé par Pierre Boulez au début des années 70, pourtant il s'en passe des choses.

Pierre Boulez et Peppino Di Giugnio au début des années 80 à l'IRCAM
Pierre Boulez et Peppino Di Giugnio au début des années 80 à l'IRCAM Crédits : MARCELLO MENCARINI / LEEMAGE - AFP

On célébrait ici-même il y a deux semaines le quarantième anniversaire de l’Ensemble Intercontemporain, or c’est aussi l’anniversaire d’une autre grande institution de l’art musical français, l’IRCAM, relayé par certains journaux ces derniers jours. IRCAM un acronyme barbare pour un nom qui l’est aussi un peu “Institut de recherche et de coordination acoustique/musique”, une institution dont la création remonte en fait à plus de quarante ans, puisque le projet avait été initié par Pierre Boulez en 1969, puis annoncé lors d’une grande conférence de presse au Théâtre de la Ville en 1974. En fait ce qui a quarante ans c’est, comme le Centre Pompidou, le bâtiment dans lequel l’IRCAM est installé, dessiné par l’architecte Renzo Piano, et situé à Beaubourg, au niveau de la fontaine de Niki de Saint Phalle à Paris. Un anniversaire un peu factice donc, mais toutes les occasions sont bonnes pour évoquer l’IRCAM dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fait pas beaucoup parler de lui, y compris dans les milieux mélomanes et la presse spécialisée. Il y a bien de temps en temps quelques papiers qui sortent dans la presse généraliste, mais c’est souvent sous la forme d’une immersion étonnée dans un sous-sol étrange où on croise des savants souvent fous et toujours barbus qui trafiquent des machines dont au final on ne sait jamais vraiment à quoi elles servent. Alors qu’est-ce donc que l’IRCAM? Un des plus grands centres de recherche publique de création musicale, à la fois studio, laboratoire, centre de documentations, c’est un lieu de rencontre entre artistes et chercheurs, dont les travaux intéressent toutes sortes de disciplines, musique bien sûr, mais aussi arts vidéo, arts plastiques, architecture, design, spectacle vivant. On y travaille par exemple à la sonorisation et à l’augmentation d’instruments traditionnels, on y teste des méthodes d’enregistrement, on recrée des atmosphères sonores propres à certains lieux. En ce moment par exemple on peut voir, du moins on pourra voir quand la grève s’arrêtera, au Centre Pompidou une exposition intitulée “imprimer le monde” dans laquelle on a accès à une des dernières réalisations de l’IRCAM: une reproduction de l’empreinte sonore de l’Eglise San Lorenzo à Venise réalisée par la compositrice Olga Neuwirth et le vidéaste Tal Rosner. C’est aussi une institution qui se porte bien, grâce notamment à des contrats conclus avec l’industrie du disque pour laquelle elle travaille occasionnellement, par exemple en ce moment à un vaste projet d’indexation informatique de morceaux de musique. Je suis moi-même très ignorante au sujet de l’IRCAM, mais je me demande pourquoi on en entend si peu parler; en faisant une petite recherche dans les archives de Diapason par exemple, qui est le magazine spécialisé de musique classique et au delà une référence sur le son, je trouvais la semaine dernière très peu de choses: ce matin taper IRCAM dans le moteur de recherche de leur site faisait carrément planter mon ordinateur, mais j’imagine que ça n’a pas de rapport… Comment expliquez-vous que les mélomanes soient si peu intéressés par l’IRCAM et donc peut-être par l’innovation musicale?

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