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Edmond Maire, Yves Montand et Bernard Pivot sur le plateau d'Apostrophes en 1987

Littérature et télévision

11 min
À retrouver dans l'émission

Nous ne sommes plus au temps d'Apostrophes, mais le média télévisé s'empare toujours de la chose littéraire.

Edmond Maire, Yves Montand et Bernard Pivot sur le plateau d'Apostrophes en 1987
Edmond Maire, Yves Montand et Bernard Pivot sur le plateau d'Apostrophes en 1987 Crédits : DERRICK CEYRAC / AFP - AFP

Pour moi qui ne suis pas une grande téléspectatrice c’est de l’histoire très ancienne et pourtant, à la lecture d’un article de Télérama daté du 11 janvier dernier je découvre qu’elles font encore très bon ménage. L’article cite un exemple d’emblée, un soir François Busnel dans la Grande Librairie parle du roman Beaux rivages de Nina Bouraoui, le lendemain, les ventes du livre ont été multipliées par trois. Pourtant les émissions sont de plus en plus rares, trois rendez-vous télévisés sont importants selon les professionnels: la Grande Librairie donc de François Busnel sur France 5, la chronique d’Olivia de Lamberterie dans Télématin, et On n’est pas couché sur France 2. C’est intéressant de préciser le statut de ces rendez-vous qui sont tous les trois différents, la première est la dernière grosse émission spécialisée du service public télévisé qui réunit encore tous les jeudis près de 400 000 téléspectateurs, la seconde est un petit moment prescriptif dans un programme très regardé, la dernière est une émission de divertissement qui parmi d’autres invités, inclut parfois des écrivains. Il existe d’autres émissions, celle d’Ono-dit-Biot sur TF1, une émission sur Public Sénat présentée par Jean-Pierre Elkabbach ou encore une autre sur LCP, mais les audiences en seraient négligeables. On est quand même plus au temps d’Apostrophes et ses 4 millions de fidèles hebdomadaires qui a duré pendant vingt-cinq ans entre 1975 et 1990: une seule émission pouvait suffire à lancer un livre et donc son auteur. On a parlé même d’effet Pivot du nom de son présentateur. Apostrophes fait figure d’exception culturelle française, on s’y réfère systématiquement dès qu’il s’agit d’émissions littéraires, pourtant elle n’était pas pionnière, avant cela il y avait eu une émission qui s’appelait Lectures pour tous, la première veillée littéraire diffusée entre 53 et 68. C’est à ce moment qu’est introduite la notion de promotion à la télévision, Apostrophes inaugure le règne de la personnalité des écrivains, et introduit d’emblée un clivage qui existe toujours aujourd’hui entre les auteurs télégéniques et ceux qui ne le sont pas. Puisque c’est ça la question, c’est la grande différence entre la télévision et les autres médias: on voit les écrivains, et la question de pose de la manière dont il s’adaptent au petit écran. Quand on repense à Houellebecq sur le plateau du Journal Télévisé de France 2, on se demande vraiment, mais qu’était allé faire Laurent Delahousse dans cette galère. Finalement l’article de Télérama finit par interroger ce que le média numérique fait subir aux contenus littéraires à la télévision, plutôt une complémentarité selon le journaliste. Alors vous en tant que journalistes non télévisés: que pensez-vous de ce que le petit écran fait à la littérature?

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