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Paul McCartney en concert à Bercy en mai 2016

McCartney vs Sony

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L'ex Beatles porte plainte contre Sony, propriétaire de certains de ses tubes.

Paul McCartney en concert à Bercy en mai 2016
Paul McCartney en concert à Bercy en mai 2016 Crédits : BERTRAND GUAY / AFP - AFP

Un affaire de catalogue, oui celui des Beatles, dont l’histoire entière excéderait largement l’espace d’un seul Petit Salon, mais dont je vais essayer de résumer les enjeux. On part donc d’un fait récent, puisque la semaine dernière Paul McCartney a porté plainte contre la société d’édition musicale Sony/ATV Music Publishing, une société qui détient certaines de ses chansons, et pas des moindres, “Yellow Submarine”, “Revolution”, “Hey Jude”, et d’autres dizaines de morceaux composées par lui-même en collaboration avec John Lennon.

Alors comment, au départ, Paul McCartney s’est-il retrouvé dépossédé de ses propres créations? Dans les années soixante, le succès de Beatles bat son plein, mais aussi la taxation des grandes fortunes. Désespérés de voir tous leurs droits d’auteurs s’envoler dans les impôts, les Beatles décident de créer une entreprise pour payer moins. Lorsque le groupe se sépare dans les années soixante-dix, le groupe est vendu à une société, ATV Music Publishing, qui elle-même fait l’objet par la suite de nombreuses convoitises, et qui est finalement rachetée en 1985 par Michael Jackson. Pendant quelques années c’est donc lui qui détient, au grand dam déjà de McCartney le catalogue des Beatles. Alors que la ruine menace, Michael Jackson revend une partie de ses parts au groupe japonais Sony, Sony qui a depuis totalement phagocyté ATV dont il ne reste guère plus que le nom. J’espère que vous avez bien suivi, c’est donc le groupe Sony qui détient les chansons réclamées à grands cris par McCartney. Il se plaint régulièrement de cette “injustice” je cite, notamment récemment au Daily Express il déclarait “Ce qui n’est vraiment pas agréable quand je suis en tournée, c’est que je dois payer pour avoir le droit de jouer mes chansons. A chaque fois que je joue Hey Jude, je dois payer quelqu’un”. Alors dit comme ça, ça paraît en effet très injuste pour McCartney. Cependant il faut quand même rappeler la nature du contrat qui existe entre Sony et le dernier Beatles. Ce que Sony possède ce sont les partitions des morceaux en question, et donc le droit de les vendre à des publicités, des séries télévisées, des des artistes s’ils veulent en faire des reprises. Exemple, Orange achète "Revolution", Mc Cartney n’est certes pas consulté, mais touche quand même des royalties sur ces utilisations. Par ailleurs les enregistrements desdits tubes appartiennent bien à McCartney. S’il veut publier un nouveau CD, ou mettre sa chanson en vente sur une plate-forme, il peut. Quoiqu’il en soit il existe désormais une plainte formellement déposée, qui aura probablement de sacrées conséquences sur l’industrie du disque si McCartney venait à gagner. Est-ce qu’il a des chances? En fait il s’appuie sur une obscure loi américaine de 1976 qui stipule que les artistes peuvent prétendre à la récupération de leurs droits 35 ans après leur édition, ou jusqu’à 56 ans pour les oeuvres d’avant 78. Or en 2018, "Love me do" aura 56 ans. Faut-il plaindre Paul McCartney?

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