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Vue interieure du musee des Beaux Arts de Rouen" Peinture de Charles Angrand (1854-1926) 1880

Musée cherche public

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Quand certains grands musées attirent des foules de visiteurs à l'occasion de brèves expositions à succès, d'autres musées plus petits cherchent des stratégies pour attirer le public.

Vue interieure du musee des Beaux Arts de Rouen" Peinture de Charles Angrand (1854-1926) 1880
Vue interieure du musee des Beaux Arts de Rouen" Peinture de Charles Angrand (1854-1926) 1880 Crédits : PHOTO JOSSE / LEEMAGE - AFP

Lundi dernier la Fondation Louis Vuitton faisait paraître un communiqué de presse pour annoncer un record absolu en France de fréquentation: en quelques quatre mois et demi, plus d’un million deux-cent mille visiteurs ont visité l’exposition “Icônes de l’art moderne - la fondation Chtchoukine”. Si on fait les comptes, on arrive à une moyenne de 9800 visiteurs par jour, ce qui est aussi le nombre de gens qui ont acheté un billet d’entrée pour aller voir l’exposition Vermeer au Louvre il y a quelques jours.

C’est énorme, pour comparaison, un musée de province comme le musée des Beaux-arts de Rouen, dans une bonne année, accueille environ 200 000 visiteurs. Et c’est justement des musées de province qu’il était question dans un article du journal La Croix paru le 1er mars dernier, un article qui recense les différentes stratégies que ces établissements mettent en place pour attirer le public. Des musées qui ne peuvent pas toujours compter comme le Louvre ou la Fondation Vuitton sur le caractère événementiel d’expositions monstres, mais qui tentent de réinventer le modèle de la visite classique dans les collections permanentes. Il y a plusieurs stratégies évoquées par La Croix.

D’abord le prix d’entrée, plusieurs musées proposent aujourd’hui la gratuité des collections permanentes, ce qui conduit automatiquement à une hausse de fréquentation, c’est le cas à Rouen par exemple depuis l’année dernière.

La stratégie participative: par exemple le musée de Caen a proposé fin janvier aux visiteurs de s’improviser le temps d’une soirée conférencier, et de prendre la parole devant une oeuvre de leur choix. A Rouen on a mis en place pour la première fois en France une méthode déjà bien en place dans certains musées américains, l'équipe du Musée des Beaux-arts a organisé sur le site internet un vote pour que les futurs visiteurs choisissent quelles oeuvres ils souhaitaient voir sorties de la réserve, et ce fut apparemment un succès, environ 17000 personnes ont voté.

Autre stratégie, bouleverser le mode de visite traditionnel, créer de l’événement, à Lille par exemple au Palais des Beaux-arts le directeur a invité il y a quelques années un groupe de musique électro à sonoriser certaines salles du musée, ou encore appeler des collectifs d’artistes à organiser des performances au sein des collections permanentes.

On peut aussi confier les clés de son établissement à des personnalités populaires, dont l’image attirera des publics nouveaux, à Lille après une carte blanche donnée à Zep, on attend une carte blanche donnée à Alain Passard.

Enfin on peut aller physiquement à la rencontre de nouveaux publics, à Grenoble par exemple des expositions sont organisées régulièrement hors les murs par le musée.

On peut émettre quelques réserves face à certaines de ces initiatives, ce que l’article ne fait pas, pourtant il pose d’entrée de jeu la question je cite “démagogie ou vraie révolution des moeurs”?

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