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L'intérieur de la nouvelle Salle Pleyel le 22 septembre dernier

Nouvelle géographie des salles parisiennes

11 min
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En cette rentrée on pourra entendre des concerts de musiques "actuelles" dans de nouveaux lieux: Pleyel, le nouvel Elysée-Montmartre, le Flow etc. La programmation de ces salles est-elle lisible?

L'intérieur de la nouvelle Salle Pleyel le 22 septembre dernier
L'intérieur de la nouvelle Salle Pleyel le 22 septembre dernier Crédits : BERTRAND GUAY / AFP - AFP

La semaine dernière a rouvert la salle Pleyel. Sise dans le 8e arrondissement de Paris, elle était dédiée depuis son ouverture en 1927 à la musique classique. Avec le projet d’ouverture de la Philharmonie de Paris, Pleyel a été mise sur le marché, et l’appel d’offre spécifiait l’interdiction d’y programmer du classique pour ne pas marcher sur les plates bandes de la nouvelle salle parisienne. Le rachat de la salle a été long, freiné par plusieurs procès intentés à l’ancien propriétaire par son ancienne femme, qui, notamment, contestait cette clause selon laquelle le classique n’aurait plus droit de cité à Pleyel. Elle n’est pas la seule d’ailleurs, circule une pétition sur Internet pour le retour du classique à Pleyel qui a recueilli plus de 11000 signatures.

Lire aussi : La Salle Pleyel interdite de classique

Ça paraît bien compromis. En 2014 la société Fimalac acquiert le lieu, et Fimalac c’est une des plus grosses sociétés de divertissement française, qui possède des dizaines de salles à Paris et et surtout plusieurs zéniths et stades en province. Fimalac est aussi présent au capital de plusieurs sociétés de production, notamment celle qui produit Benjamin Biolay. Pleyel a donc rouvert avec un concert de... Benjamin Biolay, et a révélé une programmation dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle est éclectique. En musique dans les mois qui viennent: Patrick Bruel, Brian Wilson, Norah Jones, Juliette Greco. Mais aussi du jazz, et de la musique dite “expérimentale”, de la danse (on va de Pietragalla au ballet de Milan), du théâtre, (Isabelle Huppert lit Sade), des one man shows (Patrick Timsit également produit par une société dans laquelle Fimalac a des intérêts). La salle a été entièrement rénovée pour les musiques actuelles, et peut accueillir de 2000 à 2500 spectateurs selon si on y est assis ou non. C’est exactement la même jauge que l’Olympia par exemple, et de nombreux journaux relaient ces derniers jours une certaine inquiétude sur la recomposition du paysage des salles parisiennes. D’autant que l’Elysée-Montmartre, qui avait fermé pour travaux après un gros incendie en 2011 vient de rouvrir avec une programmation, qui si elle conserve ses racines dans le rock, est tout de même très éclectique aussi : de la chanson populaire - Christophe Maé, de l’électro aussi, Crystal Castles, ou Petit Biscuit. Le Bataclan va aussi rouvrir en novembre, et il y a aussi un nouveau lieu, le Flow, qui ouvre sous le pont Alexandre III et qui propose une programmation en musiques actuelles assez comparable. Toutes ces salles sont donc flambant neuves, rivalisent de qualité acoustique, et leurs programmations ne sont pas si différentes, Benjamin Biolay par exemple est aussi programmé dans quelques semaine à l’Elysée-Montmartre: cette nouvelle géographie des salles parisienne est-elle lisible et cohérente?

Intervenants
  • Journaliste Culture à Rolling Stone, Les Inrocks, Vanity Fair, Vogue
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