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le Grand Théâtre à Bordeaux

Orage au ballet de Bordeaux

8 min
À retrouver dans l'émission

Un conflit s'envenime entre le directeur de la compagnie et la Mairie autour de questions d'effectifs.

le Grand Théâtre à Bordeaux
le Grand Théâtre à Bordeaux Crédits : MANUEL COHEN / MCOHEN - AFP

D’abord un petit point sur ce que c’est que le ballet de Bordeaux, c’est une compagnie nationale avec 39 danseurs qui défend le répertoire classique depuis 1996 sous la direction de Charles Jude, étoile fétiche de Noureev dans les années 70-80. Charles Jude qui, le 27 janvier dernier, alerte le Figaro sur les conditions dans lesquelles se retrouvent sa compagnie: il évoque deux problèmes concrets en l’occurrence: les danseurs qui sont en CDD devaient être renouvelés pour deux ans, or ils ne le seront que pour un an, et une audition prévue à la fin du mois de février pour pourvoir sept postes est en péril. C’est d’autant plus important qu’on estime à une quarantaine le nombre de danseurs nécessaires pour interpréter ce que le ballet de Bordeaux est un des derniers à faire en région, à savoir le répertoire classique. A la fin du mois de décembre, le ballet avait menacé de ne pas monter sur scène en signe de protestation, pour finalement renoncer à la grève, selon un des danseurs qui s’exprime anonymement, sous la pression de la direction. Depuis les réunions syndicales se multiplient. En cause, d’abord, la manière dont les collectivités locales gèrent le budget du Ballet au sein même de l’opéra, à la baisse en l’occurrence, mais aussi un changement de direction. Depuis l’année dernière c’est le chef d’orchestre et grand spécialiste de la musique baroque Marc Minkowski qui est à la tête de la Maison, avec à ses côtés Olivier Lombardie qui gère tout le côté administratif du poste. Les relations entre Minkowski et Jude sont houleuses, les danseurs se sont plaints notamment de la direction d’orchestre pendant Coppélia, les musiciens de l’orchestre de Bordeaux ne sont d’ailleurs apparemment pas vraiment convaincus non plus par ce choix. Il y a quelques jours le chef d’orchestre et le directeur du ballet se sont rencontrés pour discuter de la situation, un dîner probablement houleux puisqu’on a appris vendredi dernier la suspension de Charles Jude par la Mairie de Bordeaux qui dénonce un “refus de collaborer”, et un “désaccord autour de demandes personnelles” je cite le communiqué. Les syndicats ont répondu aujourd’hui par une lettre réitérant leurs craintes quant à de possibles suppressions de postes, et dénonçant les pressions que subissent les salariés, interdits de médias. Cette situation qui s’enlise est assez révélatrice, au-delà du seul cas bordelais, de la précarité dans laquelle vivent ou survivent les ballets classiques en région. En vingt ans rappelle le Figaro, Nantes, Limoges, Rouen, Toulon ont disparu, à Marseille le ballet de feu Roland Petit vivote avec un niveau apparemment assez moyen, et les grands noms de la danse rechignent à aller travailler dans ces maisons où l’ouvrage est difficile, exigeant et la course au budget permanente. Il n’y a guère plus que Bordeaux, Toulouse, Nice et le Rhin qui puissent encore monter, en dehors du sacro-saint opéra de Paris, un Lac des Cygnes ou un Gisèle, et encore, les corps de ballet en sous-effectif sont souvent complétés par des danseurs supplémentaires qui doivent être formés. Certains observateurs de la danse craignent qu’à terme ce soit la tradition classique d’école française du ballet qui en souffre: partagez-vous cette crainte?

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