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Joe Corré brûle sa collection d'objets punk sur la Tamise le 26 novembre 2016.

Où est le punk?

9 min
À retrouver dans l'émission

Alors qu'on célèbre en Grande-Bretagne le quarantenaire de la naissance du punk, une inquiétude: le punk est-il mort?

Joe Corré brûle sa collection d'objets punk sur la Tamise le 26 novembre 2016.
Joe Corré brûle sa collection d'objets punk sur la Tamise le 26 novembre 2016. Crédits : NIKLAS HALLE'N / AFP - AFP

Il y a une quinzaine de jours, Joe Corré, le fils de Vivienne Westwood et de Malcolm McLaren, le fils symbolique du mouvement punk, a organisé une petite soirée sur une péniche à Londres, une soirée au cours de laquelle il a brûlé des dizaines d’objets collector du mouvement punk. Des posters, des vêtements, des disques, des posters, le tout estimé pas moins de 6,2 millions d’euros. Ce geste intervient alors qu’on célèbre en Angleterre les 40 ans de la sortie d”Anarchy in the UK”, l’album des Sex pistols dont on considère qu’il constitue l’acte de naissance du mouvement punk en 1976. Au Guardian qui l’interrogeait sur son geste, Joe Corré a répondu que les festivités officielles organisées par la Grande-Bretagne pour célébrer cet anniversaire contribuaient à faire du punk l’équivalent de la “marque McDonalds”, et de conclure: “le punk est mort. Il est temps de passer à autre chose”. Je ne sais pas si c’est une coïncidence mais dans le même numéro des Inrocks qui relaie l’affaire, vous-même Christophe Conte publiez avec Jean-Daniel Beauvallet un article sur les “rough trade”, ces boutiques de disque nées en même temps que le punk dans le Londres des années soixante-dix, et qui ont accompagné le mouvement en publiant toutes les nouveautés revendiquées par le mouvement et en organisant des showcases de ses plus fidèles représentants. Les “rough trade” ne sont pas morts eux, et ils figurent d’ailleurs parmi les institutions qui organisent le fameux “Punk London festival” fustigé par Joe Corré. Il y a par ailleurs eu en août dernier un “Rebellion festival”, pas moins de 200 groupes qui se revendiquent du punk réunis à Blackpool, notamment CJ Ramone, les Vibrators, Penetration, The Damned ou encore les Buzzcocks. Un festival qui avait en tous cas l’air de réjouir l’envoyé spécial des Inrocks, Xavier Ridel. Mais quand on lit qu’il a trouvé que régnait pendant ce week-end très fréquentée par les skinheads une ambiance “bon enfant”, on doute un peu. Joe Corré ajoute dans l’interview qu’il donne au Guardian que selon lui le punk appartient désormais aux musées, ce que l’actualité n’est pas sans confirmer, puisque cet automne ont eu lieu en Europe deux expositions fort remarquées sur le punk, une au Musée d’art contemporain de Barcelone, apparemment passionnante, peut-être pourra-t-on la voir en France, et une à la British Library de Londres. Est-ce le signe d’un regain d’intérêt pour un mouvement musical contestataire né en temps de crise et de montée du terrorisme? Ou une page qui se tourne définitivement? En bref le geste de Joe Corré signe-t-il la mort du punk, ou au contraire sa plus vibrante célébration?

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