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Promeneur, Mathieu Boogaerts, paru le 4 novembre dernier chez Tôt ou Tard

Où est passée la "nouvelle chanson française"?

10 min
À retrouver dans l'émission

Alors que viennent de paraître les albums de Vincent Delerm et Matthieu Boogaerts, une petite réflexion sur le devenir de cette génération de la chanson des années 2000.

Promeneur, Mathieu Boogaerts, paru le 4 novembre dernier chez Tôt ou Tard
Promeneur, Mathieu Boogaerts, paru le 4 novembre dernier chez Tôt ou Tard

Cette semaine sort aussi le nouvel album de Matthieu Boogaerts, Promeneur, un album que j’aime beaucoup, et dans lequel je crois qu’il y a la plus belle chanson en français que j’ai entendue depuis des années. Matthieu Boogaerts représente quelque chose d’important dans la chanson française aujourd’hui, dans la mesure où son nom apparaît beaucoup, il écrit pour de très nombreux jeunes chanteurs parmi lesquels Camélia Jordana ou Luce. Son album sort presqu’en même temps que celui de son ami Vincent Delerm, on est un peu dans la même veine. Ça m’a fait penser à un article d’Olivier Nuc que j’avais lu il y a quelques semaines dans Le Figaro intitulé “une génération perdue de vue”. Alors l’article dresse un constat, celui de la disparition d’une génération de chanteurs français qu’on regroupait sous le terme de “nouvelle génération française”, et qui avait renouvelé le genre je cite: Bénébar, Cali, Raphael, Camille, Sanseverino. Bénébar est le phénomène le plus spectaculaire de ce point de vue puisque ses premiers albums ont connu un grand succès, et puis après un album raté en 2014, dont on a dit beaucoup de mal, il a tout à fait changé de carrière et foule aujourd’hui les scènes des théâtres privés. Il y a quelques semaines il a même refusé de participer à un album hommage à Michel Delpech, bref pour lui la chanson c’est terminé. L’article cite aussi Carla Bruni, qui a plus ou moins raccroché, et Sanseverino qui est passé d’un large succès à un succès de niche, celui du jazz manouche qui était son inspiration première. Cali a disparu, Keren Ann chante désormais en anglais. L’article sauve de la débandade Vincent Delerm et Benjamin Biolay. Alors première chose: l’article ne mentionne même pas Matthieu Boogaerts, déjà c’est mal. Et puis surtout il ne s'embarrasse guère de définir ce qu’il nomme “nouvelle chanson française”, en dehors d’une mention quelque peu ironique, selon laquelle on a déroulé à ces artistes “le tapis rouge, tellement heureux de voir émerger de jeunes hommes et de jeunes femmes écrivant en français sur des arrangements dépouillés”. "En français", "sur des arrangements dépouillés", c’est un peu mince. Surtout est-ce qu’il y avait vraiment une cohérence entre ces artistes? Peut-être que oui, dans le souci d’inventer une manière de penser le texte, de se faire une niche en dehors de la variété tout en restant une musique populaire. Et surtout si cohérence il y avait, est-ce que c’est un courant qui existe encore aujourd’hui?

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