LE DIRECT
Le Lac des Cygnes dansé en 1966 par Noureev et Margot Fonteyn

Peut-on tout faire au Lac des Cygnes?

7 min
À retrouver dans l'émission

Alors que trois versions fort différentes du Lac des Cygnes tournent en Europe en cette fin d'année, Le Figaro s'interroge sur les adaptations que subit le célèbre ballet de Tchaïkovski.

Le Lac des Cygnes dansé en 1966 par Noureev et Margot Fonteyn
Le Lac des Cygnes dansé en 1966 par Noureev et Margot Fonteyn Crédits : KOBAL / THE PICTURE DESK - AFP

C'est le moment des spectacles de fin d’année, le Lac des Cygnes est un classique du genre, on va donc pouvoir en voir de toutes les sortes. Le Figaro il y a quelques jours se faisait l’écho de cette floraison, et on ne peut pas dire que c’était avec beaucoup d’enthousiasme, je cite le titre du dossier “pourquoi tombent-ils tous dans le Lac”, sous-titre “Du spectacle sur glace au ballet traditionnel, l’oeuvre de Tchaïkovski inspire les chorégraphes. Pour le pire… et plus rarement pour le meilleur”.

L’histoire du Lac des Cygnes est pour le moins une histoire mouvementée, c’est le premier ballet composé par Tchaïkovski en 1875, et c’est une commande du grand théâtre de Moscou. A l’époque Tchaikovski fraie avec un genre musical considéré comme populaire et en dessous de ses talents, notamment par son ami Rimski-Korsakov. De fait il y a quelque chose de maudit dans cette création, dont les représentations sont une source de profonde humiliation pour le compositeur, la partition est triturée, l’échec est t, et retentissant. Mais une vingtaine d’années après, Le Lac des cygnes connaît de de grands succès, sous l’impulsion notamment du chorégraphe Petipa et du compositeur Drigo qui en créent une nouvelle version en 1895, version qui fait aujourd’hui encore référence. A partir de cette date le livret est repris, réécrit sans cesse, la partition modifiée, la narration sans cesse bouleversée, et surtout le final, parfois tragique, parfois tout à fait heureux. Le Lac devient un grand objet populaire, repris à diverses sauces que le Figaro ne semble pas franchement goûter. En l’occurrence il est question sous la plume d’Ariane Bavelier de trois spectacles: deux “classiques” dirons nous un nouveau créé la Scala de Milan par l’ancien directeur du Bolchoï Alexei Ramantsky, l’autre à l’Opéra de Paris qui sera donné en décembre et qui est une reprise de la version de 1984 signée Noureev. Dans l’article il est surtout question du Lac des cygnes sur glace qui est en tournée en France en ce moment: là pour le coup ce n’est pas une nouveauté, c’est un spectacle qui ne désemplit pas depuis sa création en 2006, interprété par d’anciens champions de patinage artistique, notamment Philippe Candeloro qui tient le rôle du terrible baron Von Rothbart, et qui en parle ainsi “on a changé le personnage pour lui donner un côté gothique et j’ai obtenu qu’on balance de la guitare électrique sur Tchaïkovski au moment des mes apparitions, qu’on m’ajoute un prologue et que je prenne la parole à la fin pour que mes fans ne soient pas déçus”. L’auteur de l’article ne jette pas tout le Lac des cygnes sur glace avec l’eau du bain, mais néanmoins ne cache pas son effarement devant les modifications faites à l’intrigue pour la simplifier et le côté paillettes de la mise en scène. Est-ce que ce type de réinterprétation populaire fait du mal au Lac, ou est-ce que ce n’est pas tout simplement le signe, et le bon, de sa longévité?

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......