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Ryan Gosling sur le tournage du dernier film de Terrence Malick

Que fait le jazz à La La Land?

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A quelques jours de la remise des Oscars, plusieurs articles outre-Atlantique s'émeuvent du sort que le film de Damien Chazelle fait subir au jazz...

Ryan Gosling sur le tournage du dernier film de Terrence Malick
Ryan Gosling sur le tournage du dernier film de Terrence Malick

A quelques jours des Oscars, le film cumule les nominations, quatorze, record avec Eve et Titanic, il est en lice notamment pour celui de meilleure chanson originale, et de meilleure musique de film pour le compositeur Justin Hurwitz. Le film a été un énorme succès critique quand il est sorti, mais ça retombe un petit peu depuis, le Guardian notamment a fait paraître il y a quelques jours un article parlant de “backlash”, de retour de bâton, pour La La Land, et recense trois polémiques qui sont en train de poindre aux Etats-Unis: autour du genre, de la question noire, et du jazz. Les deux dernières sont d’ailleurs assez liées. Je résume rapidement le film pour les gens qui auraient réussi à échapper à l’assaut comme vous Arnaud: Ryan Gosling interprète donc Sebastian, un jeune pianiste et chanteur de jazz blanc, nostalgique, qui regrette le jazz des racines - il cite à plusieurs reprises Charlie Parker et Thelenious Monk et possède un tabouret fétiche de Hoagy Carmichael. Son idéal est d’ouvrir un club à l’ancienne, où on jouerait le jazz d’avant les années soixante dans un environnement préservé des artifices de la musique actuelle, et notamment de ses artifices électroniques. Le monde étant ce qu’il est, cruel, ça ne marche pas trop pour lui, donc il s’engage faut de mieux dans un groupe de “jazz fusion”, entre jazz, pop et R'n'B, aux côtés de Keith, qui lui est noir je précise, une ancienne connaissance, interprétée à l’écran par l’artiste John Legend. Keith accuse Sebastian d’être trop puriste, et finit par le convaincre que pour sauver le jazz il faut le mélanger à d’autres genres. A demi convaincu, Sebastian se retrouve pianiste dans un groupe qui fait salle comble dans des zénith avec force sonorisation, jeux de lumières et contingents de choristes et de danseurs.

Le magazine en ligne Vulture publie dès le 13 janvier dernier un article intitulé je traduis “La La Land n’a rien compris à ce qui se passe réellement dans le jazz”, qui décortique la manière dont Damien Chazelle représente le jazz contemporain. Je cite: “ce qui se revendique comme un hommage au jazz se révèle en fait être une vision étroite du genre, qui finit par enfermer le genre musical dans des barrières, dans ce qu’il devrait être, un discours sentencieux totalement en décalage avec la scène actuelle du jazz contemporain.” Sebastian veut retrouver le jazz pur, or depuis les années 60, et le début du be-bop, les musiciens de jazz ont voulu pour le sauver le métisser avec d’autres genres, notamment la soul, la pop et le hip-hop, un peu ce que fait le personnage , noir je le rappelle, de Keith avec son groupe de jazz fusion. Bref c’est un peu comme si, je cite “le film voulait nous faire détester le jazz d’aujourd’hui”. J’ai lu par ailleurs dans Le Parisien il y a quelques jours que depuis la sortie de La La Land, le Caveau de la Huchette qui est évoqué brièvement dans le film, a gagné en fréquentation. Selon vous qui l’avez vu tous les deux, à quoi ressemble le jazz de La La Land, et quel discours est-ce que le film tient dessus?

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